La statue de Godin sur la place du Familistère est  couverte d’un voile au momen

Cérémonie d’inauguration de la statue de Jean-Baptiste André Godin  sur la place du Familistère. Photographie anonyme, 2 juin 1889. Collection Familistère de Guise (inv. n° 1999-1-190).

Une réplique de la statue de Godin détruite pendant la Grande Guerre est install

Installation de la seconde statue de Jean-Baptiste-André Godin sur le piédestal du monument de la place du Familistère de Guise. Photographe anonyme, 1922. Collection Familistère de Guise (inv. n° 1976-1-322).

Le fantôme de la place du Familistère

Cérémonie d’inauguration du monument à Godin sur la place du Familistère, le 2 juin 1889.
Photographie anonyme, 1889.
Épreuve sur papier albuminé.
H. 19 x L. 24,5 cm.
Familistère de Guise (inv. n° 1999-1-190).

Jean-Baptiste André Godin meurt au Familistère le 15 janvier 1888. Le 29 avril 1888, sous la gérance de Marie Moret veuve Godin, l’Association coopérative du capital et du travail décide d'ériger un monument funéraire sur la tombe du fondateur dans le jardin d’agrément et une statue à son effigie sur la place du Familistère. L’inauguration du mausolée et de la statue a lieu le 2 juin 1889, le jour de la fête du Travail, reportée d’un mois pour l’occasion.

C’est le début de l’après-midi. Une foule en habits de fête s’est massée sur la place pavoisée de drapeaux tricolores. Elle est constituée des habitants du Familistère et de Guise, mais de nombreux participants sont aussi venus des environs et de plus loin encore. Dès la veille, écrit Le Devoir en 1889, les trains de Saint-Quentin à Guise étaient bondés et des caravanes de voyageurs s’étaient formées sur les routes. Il fait beau temps, ce dimanche-là. Chaud même. Le public se tient de part et d’autre du monument. Les femmes sont assises aux premiers rangs. Elles s’abritent du soleil sous une ombrelle ou un parapluie qui en fait office. La musique retentit. Sur la gauche de l’image, le chef de l’harmonie du Familistère dirige les musiciens installés sur l’estrade construite devant le pavillon central. La formation joue La marche aux flambeaux de Meyerber. La cérémonie d’inauguration commence. Sur son haut piédestal la figure de bronze du fondateur du Familistère est encore voilée, comme recouverte d’un linceul. Le programme prévoit que le chœur des enfants chante Le Travail avant que la statue soit dévoilée et que soient prononcés les discours. Une tribune, élevée sur un côté du monument, est destinée aux orateurs. François Dequenne, administrateur-gérant de la Société du Familistère prendra la parole le premier. Il doit lire un message du grand coopérateur britannique Edward Vansittart Neale. Cet ami de Godin se trouve parmi les personnalités assises au premier rang sur l’estrade qui fait face à la statue. Aux côtés de Marie Moret, veuve de Godin, ont pris place sa sœur  Émilie Dallet, la veuve d’Emile Godin et ses trois enfants, les membres du conseil de gérance de l’Association et les principaux invités : Neale, mais aussi le socialiste belge Louis Bertrand, les députés de l’Aisne, les maires de Guise et de Saint-Quentin, etc. L’auteur de la statue, le sculpteur Amédée Doublemard est peut-être également présent.

La statue inaugurée en 1889 est envoyée à la fonte par les Allemands pendant la Grande Guerre. Une réplique, exécutée par Félix Charpentier, ancien élève de Doublemard, est inaugurée le 22 septembre 1922.