Le Familistère ou Palais social et sa manufacture

Le Familistère ou Palais social et sa manufacture. Imprimerie Lemercier & Cie à Paris, 1870. Collection Familistère de Guise.

Plan du Palais social

Plan du Palais social. Lithographie Barré à Guise, vers 1870. Paris, Bibliothèque centrale du Conservatoire national des arts et métiers, fonds Godin.

Vue des usines et du Familistère

Vue des usines et du Familistère. Lithographie anonyme, 1889. Collection Familistère de Guise.

Vue-projet du Familistère

Le Familistère ou Palais social et sa manufacture.
Dessin de Jules Gaildrau, Imprimerie Lemercier & Cie à Paris, 1870.
Lithographie.
H. 21 x L. 59 cm.
Familistère de Guise.

Jean-Baptiste André Godin fait exécuter cette lithographie en 1870 pour servir à l’illustration du volume de Solutions sociales, publié en 1871. L’estampe est une planche hors-texte, figure n° 34 du livre. Dans les exemplaires de luxe de Solutions sociales, la lithographie, tirée en grand format et en couleurs, est insérée en dépliant à six volets.
Bien que les bâtiments représentés soient précisément identifiés par la légende comme s’ils existaient tous, ce panorama du Familistère et de son usine est une vue-projet. En 1870, le projet du Familistère n’est qu’en partie réalisé : seuls sont construits l’aile gauche et le pavillon central, les magasins ou « économats » en face de l’aile gauche, le théâtre et les deux premiers bâtiments d’école, la crèche (au nord du pavillon central) et la buanderie-piscine ; le jardin d’agrément, sur la rive droite de l’Oise, est aménagé. Les édifices qui composent alors le Familistère sont visibles sur un plan anonyme dressé au début des années 1870. La lithographie les représente avec fidélité, mais elle complète la réalité avec les constructions encore en projet. L’aile droite du Palais social, qui est élevée en 1878-1880, est dessinée sur le modèle de l’aile gauche. En face de l’aile droite, la lithographie montre des bâtiments d’industrie domestique destinés à la boulangerie, à des ateliers divers et à un café. Ils ne seront jamais réalisés. Une lithographie publiée par François Bernardot en 1889 dans Le Familistère de Guise, Association du Capital et du Travail et son fondateur, Jean-Baptiste André Godin... actualise la lithographie de 1870. Elle montre l’état réel des constructions du Familistère achevé. Elle fait toutefois apparaître, à l’arrière des économats, des bâtiments qui étaient destinés, en 1870, aux écuries, remises et basses-cours, alors qu’ils n’apparaissent sur aucune photographie du Familistère.

La représentation de l’usine est également en partie idéalisée sur la lithographie de Solutions sociales. Le plan dressé vers 1870 indique que la manufacture ne maîtrise pas complètement les terrains. Des constructions privées ont, notamment, contraint le développement de la cour d’entrée de l’usine et empêché les ateliers de s’aligner tout au long de la rue du Faubourg Landrecies. Un détail confirme de façon intéressant la dimension projective de la lithographie de 1870 : devant l’entrée de l’usine, Godin fait représenter une locomotive routière tractant un convoi. Depuis 1865, il souhaite équiper la manufacture de ce moyen de transport moderne, mais il en abandonne l’idée par la suite.