Une leçon d'arithmétique a lieu dans uen classe des écoles du Familistère.

La troisième classe des écoles du Familistère. Photographie anonyme, 1899. Collection Archives départementales de l’Aisne.

Seuls deux bâtiments scolaires jouxtent à l'origine le théâtre du Familistère.

Le théâtre et les écoles du Familistère. Photographie anonyme, mai 1881. Collection Familistère de Guise.

La place du Familistère est un terrain de récréation pour les enfants des écoles

Le théâtre et les écoles du Familistère. Photographie anonyme, vers 1890. Collection Familistère de Guise.

Le préau des écoles du Familistère sert aux exercices de gymnastique.

Exercices de gymnastique sous le préau des écoles du Familistère. Photographie anonyme, 1899. Collection Familistère de Guise.

Une leçon de lecture est donnée dans une classe des écoles du Familistère.

Une leçon de lecture dans une classe maternelle des écoles du Familistère. Photographie anonyme, 1899. Collection Familistère de Guise.

Le meuble provient des écoles du Familistère.

Table-banc des écoles du Familistère pour les enfants de 4 à 6 ans. Fonderies et manufactures du Familistère de Guise, après 1873. Collection Familistère de Guise.

Le dessin coté représente une table-banc des écoles du Familistère.

Coupe latérale de la table-banc des écoles du Familistère. Dessin à l’encre de Jean-Baptiste André Godin, janvier 1873. Collection Archives départementales de l’Aisne.

Les écoles du Familistère

Pour Jean-Baptiste André Godin, l’éducation de tous les enfants est le plus précieux des équivalents de la richesse prodigués au Familistère. L’école du Palais social est un prolongement de l’habitation. La cour du pavillon central est son préau et la place sa cour de récréation.

Le groupe théâtre-écoles

La scolarisation des enfants dans les écoles du Familistère est une condition de l’habitation des familles au Palais social, un devoir et, finalement, une obligation suivant les statuts de l’Association coopérative du capital et du travail. Une crèche et un asile (ou école maternelle) sont ouverts dès 1861 dans le premier pavillon d’habitation. En 1866, un bâtiment élevé à l’arrière du Palais social est destiné à la petite enfance : la nourricerie-pouponnat. Les services d’éducation du Familistère s’enrichissent en 1870 de deux bâtiments d’école pour les enfants des deux sexes de 4 à 14 ans. Ils encadrent le théâtre, auquel ils se relient par deux cours, dont l’une est couverte. Des portes ouvrant sur ces cours permettent une communication directe entre les écoles et la salle de spectacles. L’ensemble théâtre-écoles est inauguré le 2 juin 1870. Il est complété en 1882 par deux autres bâtiments scolaires, édifiés en retrait des précédents.

Les salles sont en nombre suffisant pour organiser un enseignement moderne par classe d’âge. Les divisions de l’éducation sont : le bambinat (4 à 6 ans), la petite école ou troisième classe (6 à 8 ans), la seconde école ou deuxième classe (8 à 10 ans), la première école ou première classe (10 à 13 ans) et enfin les cours complémentaires pour les plus avancés. Les dispositions architecturales des classes sont réfléchies pour le confort des enfants et l’efficacité de l’enseignement. L’espace doit être vaste, l’aération suffisante et l’éclairage naturel ou artificiel ne doit pas être éblouissant.

Mobilier ergonomique

Si chaque salle de cours est dédiée aux élèves d’une même classe d’âge, il est possible de l’équiper d’un mobilier adapté à leurs besoins physiologiques particuliers. Godin étudie longuement cette question. Il s’informe sur les préconisations des hygiénistes et éducateurs. Le type du bureau à deux places, qui apparaît comme une nouveauté à l’Exposition universelle de Paris en 1867, lui semble préférable aux grands bancs collectifs des écoles communales contemporaines. Il facilite l’installation des élèves et les circulations dans la classe.

L’industriel conduit une étude statistique sur la population de 400 enfants et jeunes adultes du Familistère, âgés de 2 à 20 ans. Il tire une série de conclusions sur les proportions du meuble : « la hauteur du banc, écrit-il à Charles Potvin le 22 mai 1873, doit être le quart de la taille de l’enfant ; la hauteur du dessus du banc au bord du pupitre du cinquième de cette taille ; la distance du banc à l’aplomb du bord du pupitre ne doit avoir juste que ce qui est nécessaire pour que l’enfant puisse se tenir debout sans quitter sa place […] ». En janvier 1873, il fait réaliser par les ateliers de l’usine du Familistère les prototypes de quatre modèles de tables-bancs, avant de les produire pour équiper les écoles du Familistère et, espère-t-il, les écoles élémentaires de la République.

Des écoles en activité

Le bâtiment scolaire situé à l’est, du côté des économats, a été reconverti après 1918 en bibliothèque-musée. Il abrite la bibliothèque municipale depuis la dissolution de l’Association coopérative du Capital et du Travail en 1968. Les façades et toitures des écoles ont été classées au titre des monuments historiques en 1991. Elles ont été restaurées en même temps que celles du théâtre en 2008-2010, dans le cadre du programme Utopia. Les écoles du Familistère sont devenues communales après 1968, sous le nom d’« école Godin ». L’école maternelle (à l’est) et l’école élémentaire (à l’ouest) accueillent aujourd’hui près de 130 enfants de Guise. Les édifices ne se visitent pas.

 

Voir aussi sur le site :
Le Familistère par l'image : Théâtre et écoles
Le Familistère par l'image : À l'école du Familistère

Pour aller plus loin :
L’album du Familistère, Guise, Les Éditions du Familistère, 2017, p. 322-331.
Jean-Baptiste André Godin, Solutions sociales, Guise, Les Éditions du Familistère, 2010 (réédition de l’ouvrage paru en 1871), p. 494-537.

Notice créée le 02/11/2017. Dernière modification le 10/01/2019.