Le fil à linge est utilisé par les habitants du Palais social.

Le fil à linge du Palais social. Photographie Georges Fessy, 2016.

Un habitant traverse la cour de l’aile droite du Palais social.

Dans la cour de l’aile droite du Palais social. Photographie Hugues Fontaine, 2002.

Deux enfants jouent dans la cour de l’aile droite du Palais social.

Dans la cour de l’aile droite du Palais social. Photographie Georges Fessy, 2003.

Un musée de site habité

La réalisation d’un grand musée consacré au Familistère et aux utopies concrètes est inscrite dans le programme Utopia de 1996. Elle a motivé le principe d’une valorisation globale du site. Mais le projet du musée n’est pas de muséifier le Familistère de Guise. Il s’agit au contraire de vivifier ce quartier de la ville.

Le musée dans le site

Qualifier de musée de site l’institution nouvelle indique tout d’abord que le musée est à l’échelle du site. Le musée se déploie dans différents bâtiments du Familistère. Les salles d’expositions et les services se répartissent de la façon suivante :

  • les économats, centre des visiteurs : accueil, information et billetterie, librairie, buvette, salles de documentation, exposition permanente « Du château des ducs au Palais social : le Familistère dans la ville » ;
  • buanderie-piscine : salle commune de repas, exposition permanente « L’hygiène, une question sociale » ;
  • appartement de Godin : exposition permanente « Jean-Baptiste André Godin, fondateur du Familistère » ;
  • le pavillon central : ateliers pédagogiques et salles d’éducation, logements pour résidences, salles d’expositions temporaires, expositions permanentes « La machine à habiter ensemble », « L’aventure industrielle et sociale du Familistère » et ses « Scènes d’intérieurs », « Les fabriques de l’utopie » ;
  • le théâtre : salle de spectacles et de réunions, spectacle multimédia « Le théâtre en miroir ».

Un musée diffus et poreux

Au-delà de ses espaces d’exposition, le musée est diffus dans tout le territoire du Familistère. Les jardins, la place, le kiosque à musique, les écoles ou les logements sont, d’une certaine manière, des composantes du musée. Ces différentes parties du Familistère contribuent en effet, à l’enrichissement de la connaissance et de l’expérience du site. Leur réhabilitation suit d’ailleurs une logique d’interprétation comparable à celle qui conduit l’aménagement des salles d’exposition.

En tant que musée de site, le Familistère de Guise est en interaction multiple avec son environnement. Le discours muséal se développe en nouant des relations complexes entre les expositions permanentes et les lieux qui les abritent : l’hygiène dans la buanderie-piscine, la figure de Godin dans son ancien appartement, l’architecture de l’habitation dans le pavillon central, etc. La muséographie joue pleinement de ce jeu. Elle expose l’architecture en même temps que les collections.

Diffus dans l’ensemble du site, le musée est également poreux. Il est perméable à son environnement proche et lointain. Le propos du musée, l’expérimentation sociale, est sensible à l’évolution de la société contemporaine. L’espace public du Familistère est complètement ouvert à l’activité de la ville. Les témoignages des habitants du Palais social sont diffusés dans les salles d’exposition.

Le musée habité

Le musée est habité. Ce caractère domestique qu'il cultive crée une atmosphère très particulière qui donne à la visite du site le caractère d’une expérience sensible peu commune. Une partie des logements de l'aile droite et du pavillon central sont habités ; les écoles du Familistère fonctionnent en tant qu'écoles municipales ; le théâtre accueille tout au long de l'année une saison théâtrale et musicale ; librement ouverts à tous, les jardins du Familistère comprennent des terrains de jeux et de récréation (terrains de boule, terrain de football, bords de rivière pour la pêche, petit stade nautique pour le canoë) ; le restaurant et le café du musée s'ouvrent directement sur la rue ; les parkings servent à l'activité quotidienne des habitants de la ville. Il faut encore mentionner que, tout près du palais, l'usine fondée en 1846 produit toujours des poêles et des cuisinières (elle emploie près de 250 personnes). À l'opposé d'une ville-musée, le Familistère est un « musée-ville ». Qualifié souvent de « ville dans la ville », il est redevenu une entité urbaine très active.

Le principe conducteur de la création du musée est la « mixité des usages » : penser les aménagements au service d'une activité quotidienne aussi riche que possible tout en satisfaisant la curiosité d'un large public national et international ; faire fonctionner les équipements autant au bénéfice de la population locale qu'au bénéfice des visiteurs. À beaucoup d’égards, la mission historique du Familistère est toujours celle de son musée : offrir les équivalents de la richesse aux classes sociales populaires.

 

Voir aussi sur le site :
Le musée de site

Pour aller plus loin :
L’album du Familistère, Guise, Les Éditions du Familistère, 2017, p. 536-541.