Le relief en cire en forme de médaillon représente la tête de Godin.

Autoportrait de Jean-Baptiste André Godin. Vers 1870. Cire sur plâtre. Collection Familistère de Guise.

La photographie montre Godin à mi-corps, posant de profil, tel que le décrit le

Portrait de Jean-Baptiste André Godin. Photographe anonyme, 1879. Collection Familistère de Guise.

La sculpture en bronze représente Godin en buste.

Autoportrait de Jean-Baptiste André Godin. Janvier 1886. Bronze. Collection Familistère de Guise.

Le relief représente la tête de la seconde épouse de Godin, Marie Moret, qui por

Portrait de Marie Moret. Jean-Baptiste André Godin, 1887. Plâtre teint. Collection Familistère de Guise.

Le médaillon représentant Godin en buste était porté par Marie Moret.

Camée au portrait de Jean-Baptiste André Godin. Eugène Guyétant, 1879. Gravure sur pierre. Collection Familistère de Guise.

Portraits de Godin

Les contemporains du fondateur du Familistère donne de lui l'image d'un homme déterminé, un peu austère et parfois satisfait de lui-même.

Godin vu par
Marie Moret (1840-1908)

Petite-nièce, collaboratrice, compagne puis épouse de Godin.

Il possède la force morale la plus haute et s’est dévoué à son œuvre en distinguant à l’avance, avec la perspicacité du génie, quelles en pourraient être toutes les vicissitudes.
Ce fait seul vous indique qu’il est au-dessus de tous les revers possibles. Il déplore certainement de n’être point mieux secondé, mais il sait que c’est une loi inéluctable que toute idée nouvelle soit entravée à son apparition. Quant aux moyens de distraction et de repos, imaginez-vous qu’il ne s’amuse de rien de ce qui plaît aux autres hommes. Il ne fume pas, n’aime ni les cartes, ni les échecs, ni le billard, ni mille choses dont, en conséquence, j’ignore les noms. Le théâtre le fatigue
 ; les conversations oiseuses lui pèsent ; la promenade ne lui est bonne qu’en voiture. L’unique distraction qu’il puisse prendre, c’est la conversation entre gens sympathiques et notre cercle est bien restreint. Ajoutez à cette unique chose qu’il aime les enfants et que ma chère et charmante sœur (mariée à un capitaine de la marine marchande et habitant le Familistère) nous a donné trois ravissantes nièces dont les deux aînées, âgées de 6 et de 3 ans, adorent oncle André.

Lettre de Marie Moret à Marie Howland, 10 juillet 1878.

 

Godin vu par 
Edward Owen Greening (1836-1923)

Coopérateur anglais, il visite le Familistère de Guise du 21 au 23 août 1884.

M. Godin paraît avoir une soixantaine d’années. Il est âgé en vérité de 67 ans puisqu’il est né le 26 janvier 1817. Il est de la taille moyenne des Anglais, qui est de deux centimètres et demi supérieure à la taille moyenne des Français. Il fait à première vue 1,73 m quand il se redresse, mais il est moins grand d’ordinaire quand il se tasse et se tient voûté, ce qui dénote une santé physique fragile ou la fatigue d’un surmenage physique et intellectuel permanent. La poitrine est large et l’ossature est musclée, signe d’une grande force qui ne se laisse pas facilement dominer par la maladie, par l’excès de travail ou les deux à la fois. Les traits du visage, marqués et puissants, sont accentués par deux sourcils très foncés qui ombragent des yeux d’un bleu agréable. Le contraste entre ces deux caractères est si frappant qu’ils font impression sur l’observateur immédiatement et durablement. C’est particulièrement vrai quand le contraste s’étend à tout le visage : la plupart du temps, il est étrangement triste et peiné, mais lorsqu’il s’éclaire d’un sourire provoqué par la saisie instantanée d’une chose amusante, il devient soudainement entièrement lumineux. Les cheveux, la barbe et les moustaches sont gris acier. Le vêtement est léger, ample, confortable, soigné et de bon goût, exactement ce qu’on est en droit d’attendre, dans ce glorieux mois d’août estival, de la tenue d’un homme qui s’est émancipé du carcan de la tyrannie de la mode. Le costume est de couleur gris clair, et, comme toutes les choses qui touchent à M. Godin, il montre une évidente attention aux détails, et un sens intuitif de ce qui est juste, qui est l’âme du bon goût.

Edward Owen Greening, « The Co-operative Traveler Abroad. Guise and M. Godin », The Co-operative News, vol. XX, no 44, 1er novembre 1884.

 

Godin vu par
Laurence Gronlund (1846-1899)

Socialiste américain d’origine danoise, il séjourne trois mois au Familistère de Guise d’octobre à décembre 1886.

Tout d’abord, il convient de souligner que les succès comme les échecs du Familistère tiennent pareillement à la personnalité de Godin. Il a imprimé sa marque sur l’ensemble [...]
Ainsi, j’ai découvert que Godin ne supportait pas la contradiction, et j’ai trouvé d’autres traits de son caractère, qui par eux-mêmes suffisent à expliquer toutes les tares de l’institution. Autant il était large d’esprit dans les affaires, autant son intelligence était bornée et sa compréhension vulgaire. Il suffit peut-être de dire qu’il était ardent spirite, tenant continuellement des séances dans ses appartements. En même temps, il était d’une complète suffisance. J’ai fréquemment entendu ses intimes le comparer à Bouddha, à Mohammed, à Jésus ; il prenait la flatterie pour une chose normale. Très souvent, si je lui parlais de tel ou tel homme célèbre, il m’interrompait avec un «
 Bah, il n’a pas fondé un Familistère ! »

Laurence Gronlund, « Godin’s Social Palace », The Arena, vol. 1, décembre 1889 – mai 1890, Boston, Arena Publishing Co, 1890, p. 696-698.

 

Godin vu par
Jean-Baptiste André Godin (1817-1888)

Godin parle peu de lui-même, mais il sculpte deux autoportraits. Et il attache une grande importance à la ressemblance physique et morale d’un portrait à son modèle.

Le modelage est un art industriel pour l'ancien serrurier. Mais appliquée à la représentation des hommes, sa pratique de la sculpture a une portée sociale. Les portraits modelés par Godin traduisent l'intention du réformateur de connaître intimement la nature humaine. Il porte d’ailleurs un intérêt particulier à la physiognomonie et la phrénologie.
L’art du portrait et les sciences ou pseudo-sciences de l’homme ont un même but : faire connaître l’intérieur de l’individu par son extérieur. «
 C'est un fait peu ou point contesté, aujourd'hui, écrit Godin dans Solutions sociales en 1871, que la tête est le siège des facultés de l'âme. Les personnes les moins exercées dans l'étude de la Phrénologie, science encore à l'état embryonnaire, peuvent facilement reconnaître combien la forme du cerveau a d'influence sur celle du caractère et des aptitudes, et sur la dominance des besoins de l'individu. C'est sur la tête que nos regards se dirigent pour recevoir les premières impressions des personnes avec lesquelles nous nous trouvons. C'est à la vue de la tête que nous jugeons d'un animal s'il est docile ou méchant, doux ou féroce ; nos jugements ne diffèrent guère en cela sur les hommes. La forme et l'expression de la tête sont pour beaucoup dans nos impressions. » Lorsqu’il commande en 1878 un camée à son effigie, Godin exige du graveur qu’il reflète parfaitement sa physionomie. Il fait corriger la figure à plusieurs reprises. Il est notamment préoccupé par le rendu des sourcils : leur saillie est éminemment caractéristique de son visage, juge-t-il.