La photographie montre la cérémonie dans la cour du Familistère de Laeken

La fête de l’Enfance au Familistère de Laeken. Photographie anonyme, 1898. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2016-7-1.92). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

La photographie montre la cérémonie dans la cour du Familistère de Laeken

La fête de l’Enfance au Familistère de Laeken. Photographie anonyme, 1898. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2016-7-1.92). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

Détail de la photographie montrant le fête de l'Enfance à Laeken

La fête de l’Enfance au Familistère de Laeken (détail). Photographie anonyme, 1898. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2016-7-1.92). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

La fête de l’Enfance au Familistère de Laeken

Photographe :

anonyme

Lieu :

Laeken

Date : 1898
Technique : carton ; épreuve photographique sur papier au gélatino-chlorure d'argent (aristotype)
Mesures : H. 13 x 18 cm (épreuve)
Domaine :

photographie

Acquisition : don Cédric Hasler, 2016 (ancienne bibliothèque d’Auguste Fabre).
Inventaire n° : 2016-7-1.92
Notice :

À partir de 1858, la manufacture Godin-Lemaire dispose d’une succursale industrielle en Belgique, à Laeken, au nord de Bruxelles. Le pavillon d’habitation et les écoles du Familistère de Laeken sont construits en 1887-1888 par la Société du Familistère de Guise. Comme les premières unités d’habitation du Familistère de Guise, l’immeuble de Laeken est organisé autour d’une cour vitrée. Il comprend 72 logements. Le Familistère belge se met rapidement en conformité avec les statuts de l’Association coopérative du capital et du travail. Ainsi, en septembre 1890 a lieu au Familistère de Laeken la première fête de l’Enfance, qui se célèbre à Guise depuis 1863.

Le journal du Familistère, Le Devoir, donne un compte-rendu circonstancié de la fête de l’Enfance qui se tient dans le pavillon d’habitation de Laeken, le dimanche 11 septembre 1898 : « Là, en entrant dans la cour intérieure du Familistère, notre premier regard fut attiré par le buste de J.-B. A. Godin se détachant en blanc sur un faisceau artistiquement composé de drapeaux belges et français. L’effet était absolument satisfaisant. Toute la cour était pavoisée de mêmes drapeaux auxquels se joignaient des banderoles blanches et vertes, aux couleurs de la commune de Schaerbeck (sic) dont relève maintenant le Familistère. Le buste de Godin dominait une estrade recouverte d’un tapis et entourée de feuillages et d’arbustes en fleurs. Sur cette estrade étaient disposés des sièges à l’intention de M. le Bourgmestre, des représentants de l’Administration communale de Schaerbeck, du directeur de l’Etablissement, M. Charles Dequenne (fils de l’ancien administrateur-gérant de la Société du Familistère) et des principaux fonctionnaires. Citons parmi eux un ancien élève des classes du Familistère de Guise, M. Lecail Alphonse, à qui la renommée attribue une grande part de l’ornementation de la cour […] Sur la même estrade, de chaque côté et en avant, se trouvaient deux tables chargées de livres brillamment reliés dont les dorures étincelaient. Des prix divers et de nombreux jouets complétaient ce tableau plein de promesses. Sur la gauche de cette estrade principale en était une plus petite à l’intention des enfants qui ont prêté leur concours à la cérémonie par l’exécution de chœurs, saynètes et récitations diverses. Sur la droite était massé le groupe des musiciens du Familistère. Le service d’ordre était fait par les pompiers de l’établissement. En avant des estrades et y faisant face, étaient groupés les enfants : garçons d’un côté, filles de l’autre ; un espace vide entre eux pour la circulation ; et derrière ces élèves se trouvaient une forte partie des habitants du Familistère accompagnés par leurs invités. De nombreux rangs de chaises avaient été mis à leur disposition par les soins de l’administration. Les balcons, en outre, étaient garnis de spectateurs. Trois lustres composés avec des lanternes vénitiennes descendaient de la toiture, ornant les hauteurs de la cour. »

Il est possible que la prise de vue ait eu lieu à l’occasion de la fête de 1898. L’auteur de l’article du Devoir, Marie Moret probablement, indique en effet s’être rendu à Laeken avec Émilie et Jeanne Dallet, sa sœur et sa nièce, le jour de la fête de l'Enfance, pour « nous procurer des vues photographiques de la succursale belge, afin de compléter une série de vues pour conférences avec projections lumineuses sur l’œuvre de J. B. A. Godin », données depuis avril 1898 par le coopérateur Auguste Fabre. La scénographie de la fête décrite par le journal correspond parfaitement à la situation photographiée. Une autre épreuve de la photographie (inv. n° 1999-1-263) est toutefois datée de 1899 dans le catalogue du musée de la Société du Familistère.

La planche fait partie d’un album photographique comprenant 99 vues du Familistère, constitué vers 1900, que posséda Auguste Fabre (1839-1922), ancien associé de l’Association coopérative du capital et du travail, proche de Marie Moret, veuve de Jean-Baptiste André Godin, et fondateur du mouvement coopératif dit « École de Nîmes ».

Sources et bibliographie :
Guise, archives du Familistère de Guise : catalogue manuscrit du musée de la Société du Familistère de Guise, sans date, fol. 177, n° 6090.
Le Devoir, t. XXII, 1898, p. 678-679 ; Le Devoir, t. XXIII, 1899, p. 590.
Brauman (Annick), La conception architecturale d'un logement social. Le Familistère des usines Godin & Cie à Bruxelles, mémoire de licence d’histoire de l’art et d’archéologie, Université libre de Bruxelles, 1974, 65 p.

Mots-clés : cour ; musicien ; fête de l'Enfance ; foule ; Familistère de Laeken
Œuvres en rapport :

Le bal des enfants de la fête de l’Enfance dans la cour du pavillon central du Palais social

Notice mise en ligne le 23/10/2018. Notice modifiée le 08/11/2018.