La photographie montre une famille attablée dans la cuisine d'un logement du Fam
La cuisine d'un logement au troisième étage de l’aile droite du Palais social. Photographie anonyme, vers 1900. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2016-7-1.19). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.
La photographie montre une famille attablée dans la cuisine d'un logement du Fam
La cuisine d'un logement au troisième étage de l’aile droite du Palais social. Photographie anonyme, vers 1900. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2016-7-1.19). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.
Détail de la cage à oiseaux sur la photographie de la cuisine du logement
La cuisine d'un logement au troisième étage de l’aile droite du Palais socia (détail)l. Photographie anonyme, vers 1900. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2016-7-1.19). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

La cuisine d'un logement au troisième étage de l’aile droite du Palais social

Photographe :

anonyme

Lieu :

Guise

Date : vers 1900
Technique : carton ; épreuve photographique sur papier au gélatino-bromure d'argent
Mesures : H. 13 x 18 cm (épreuve)
Domaine :

photographie

Acquisition : don Cédric Hasler, 2016 (ancienne bibliothèque d’Auguste Fabre).
Inventaire n° : 2016-7-1.19
Notice :

La photographie est reproduite dans la brochure Le Familistère illustré…, éditée en 1900, qui présente deux autres vues du même logement (inv. n° 2016-7-1.20 et n° 2016-7-1.21). La brochure décrit plusieurs appartements, dont les images sont accompagnées de brèves monographies des familles occupantes. Les photographies des logements ont ainsi en quelque sorte une valeur sociologique.

L’ouvrage commente les images de la façon suivante : « Nous voici (fig. 8, 9 10) dans [le logement] de la famille L., situé sur la façade ouest de l’aile droite. Il comprend trois pièces, dont deux grandes et une plus petite. Chacune a en moyenne une superficie de 21 m² et un cube d’air de 59 m3. En outre, deux cabinets (surface moyenne de 2,24 m²), munis de rayons et de porte-manteaux, remplacent avantageusement les placards. Une famille composée du père, de la mère et de trois enfants habite ce logis. On nous saura gré de lui consacrer ici une monographie rapide parce qu’elle représente assez exactement le type ordinaire des familles familistériennes. Le père, L. P., a aujourd’hui quarante-trois ans. Il est entré à l’usine en 1872 et exerce la profession de mouleur de modèles. Ce travail lui est payé 57 centimes l’heure, soit par journée de 10 heures, 5 fr. 70. La mère se consacre entièrement aux soins du ménage. L’aîné des enfants, un jeune homme de vingt ans, mouleur également, mais chargé d’un travail courant, est payé aux pièces et se fait en moyenne 3 fr. 50 par jour. Le cadet a quinze ans et demi ; il est sorti des écoles du Familistère il y a un an, muni du certificat d’études et gagne comme apprenti modeleur 2 fr. 20 par jour. La famille, qui comptait autrefois cinq enfants, comprend encore une fillette de douze ans et demi, aujourd’hui pourvue du certificat d’études et élève du cours complémentaire, comme le veut l’article 123 des statuts qui oblige à la fréquentation scolaire jusqu’à l’âge de 14 ans révolus. »

Les personnes qui posent devant l’objectif du photographe sont vraisemblablement, de gauche à droite : la mère de famille, la fillette de douze ans et demi, une fillette inconnue, un jeune homme inconnu, l’aîné des enfants âgé de vingt ans, le cadet de quinze ans et demi et enfin le père de famille.

L’image du déjeuner de cette famille d’ouvriers est destinée à montrer qu’elle vit modestement mais dans un certain confort. L’appartement est situé au troisième étage du Palais social, où les loyers sont les moins élevés. La pièce, au sol en carreaux de terre cuite, est sobrement meublée. Un simple poêle, dit « poêle flamand » équipe la cuisine. La table, recouverte d’une nappe en toile cirée, est bien mise. Une lampe à suspension, à pétrole et à bougeoirs, descend du plafond. Les murs sont tendus de papier peint et sont ornés de plusieurs cadres. Une cage à oiseaux est suspendue au mur près de la fenêtre. Les oiseaux, animaux domestiques favoris des classes ouvrières, étaient les seuls animaux de compagnie tolérés au sein du Palais social.

La planche fait partie d’un album photographique comprenant 99 vues du Familistère, constitué vers 1900, que posséda Auguste Fabre (1839-1922), ancien associé de l’Association coopérative du capital et du travail, proche de Marie Moret, veuve de Jean-Baptiste André Godin, et fondateur du mouvement coopératif dit « École de Nîmes ».

Sources et bibliographie :
[Dallet (Émilie), Fabre (Auguste), Prudhommeaux (Jules)], Le Familistère illustré. Résultat de vingt ans d’association. 1880-1900, Paris, Guillaumin & Cie, [1900], p. 28-30, fig. 8.

Mots-clés : enfant ; appareil de cuisson ; femme ; aile droite du Palais social ; homme ; intérieur ; logement ; cuisine ; cage à oiseau
Œuvres en rapport :

Une chambre à coucher d'un logement au troisième étage de l’aile droite du Palais social

Une chambre à coucher d'un logement au troisième étage de l’aile droite du Palais social

Notice mise en ligne le 18/10/2018. Notice modifiée le 29/10/2018.