Marie Moret apparaît seule dans le théâtre du Familistère

Marie Moret dans le théâtre du Familistère. Photographie anonyme, 1902. Collection Familistère de Guise.

François Dequenne pose parmi le conseil de gérance de la Société du Familistère

Le conseil de gérance de la Société du Familistère sous la présidence de François Dequenne (au fond à gauche, imberbe). Photographie anonyme, 1893. Collection Familistère de Guise.

Louis-Victor Colin lit un rapport au théâtre du Famlilistère

Assemblée des associés de l’Association coopérative du capital et du travail sous la présidence de Louis-Victor Colin dans le théâtre du Familistère. Photographie anonyme, vers 1898.

René Rabaux anime la fête de l'Enfance du Familistère.

L’administrateur-gérant René Rabaux (à droite, avec le microphone) pendant la fête de l’Enfance dans la cour du pavillon central du Palais social. Photographie P. Ledoux, septembre 1950. Collection Familistère de Guise.

Raymond Anstell lit un discours lors de la fête du Travail du Familistère.

Discours de l’administrateur-gérant Raymond Anstell à l’occasion de la fête du Travail dans la cour du pavillon central du Palais social. Photographie Roger Foret, vers 1960. Collection Familistère de Guise.

Les successeurs de Godin

L’Association coopérative du capital et du travail survit 80 ans à la mort de son fondateur en 1888. La tâche est difficile pour les administrateurs-gérants successeurs de Godin : ils doivent assurer la prospérité industrielle et maintenir la concorde sociale au sein de la Société du Familistère. Les deux missions s’avèrent de plus en plus difficiles à accomplir.

Marie-Adèle Moret (1888)

Marie Moret (1840-1908) est la fille du cousin et compagnon de Jean-Baptiste André Godin, Jacques-Nicolas Moret. La famille Moret rejoint Godin à Guise en 1856. Marie Moret est envoyée à Bruxelles pour poursuivre son éducation. Elle s’installe au Familistère au début des années 1860 pour collaborer à l’organisation des services de l’enfance. La jeune femme devient la secrétaire puis la compagne de Godin, séparé de sa première épouse Esther Lemaire. Elle fait partie des six premiers associés de l’Association coopérative du capital et du travail le 13 août 1880. Godin et Marie Moret se marient le 14 juillet 1886.

À la mort de Godin en janvier 1888, elle est élue administratrice-gérante de la Société du Familistère, assistée de François Dequenne pour la direction industrielle. Elle occupe la fonction quelques mois seulement, au cours desquels elle fait approuver la construction de deux monuments au fondateur du Familistère. Elle démissionne de ses fonctions à la tête de la société du Familistère le 1er juillet 1888, mais continue à siéger au conseil de gérance en tant que membre honoraires.

François Dequenne (1888-1897)

Né à Tournai en Belgique, François Dequenne (1833-1915) est directeur à l’usine de Guise dans les années 1860. Des dissensions au sein de la manufacture le poussent à quitter le Familistère avant de solliciter Godin pour un nouvel emploi en 1871. Directeur des constructions puis de la fabrication, il préside la commission administrative du Familistère quand Godin est élu député en 1871. Dequenne fait partie des six premiers associés de l’Association coopérative du capital et du travail le 13 août 1880.

À la mort de Godin en janvier 1888, il est nommé gérant désigné pour assister Marie Moret, élue administratrice-gérante. Il succède à la veuve du fondateur en juillet 1888 et occupe la fonction jusqu’à sa retraite en 1897. Son gendre Louis-Victor Colin lui succède. La gérance de François Dequenne, très active sur le plan industriel, débute avec l’achèvement des constructions du Familistère de Laeken-les-Bruxelles.

Louis-Victor Colin (1897-1933)

Louis-Victor Colin (1865-1935) est recruté par Godin en 1886 à sa sortie de l’École des arts et métiers de Châlons-sur-Marne. C’est ce jeune ingénieur que le fondateur, sur son lit de mort, aurait désigné pour lui succéder à la tête de l’Association du Familistère. Colin attendra 1897 pour se faire élire administrateur-gérant en succédant à son beau-père François Dequenne. Chef d’industrie remarquable, il occupe la fonction jusqu’à sa retraite en 1933. Sa longue gérance est marquée par la guerre de 1914-1918, la reconstruction de l’usine et du Familistère et aussi par la grève de 1929 à l’usine de Guise.

René Rabaux (1934-1954)

René Rabaux (1931-1993) est issu d’une famille de Familistériens. Il est ingénieur des Arts et Métiers et de l’Ecole supérieure d’électricité. C’est un proche de la famille Prudhommeaux, active dans le mouvement coopératif, qui l’a hébergé à Paris pendant la Grande Guerre. René Rabaux se marie à Bruxelles en 1931 avec une Belge. Il est élu administrateur-gérant du Familistère après la retraite de Louis-Victor Colin en 1933. René Rabaux est l’unique administrateur-gérant récusé par les associés de la Société du Familistère. Son départ en 1954 met à jour les dissensions au sein de l’Association.

Raymond Anstell (1955-1968)

Raymond Anstell (1914-2008) est comme René Rabaux issu d'une famille familistérienne. Après le départ forcé de Rabaux en 1954, l’ingénieur Anstell est élu administrateur-gérant de la Société du Familistère. Sa gérance, la dernière de l’Association coopérative du capital et du travail, souffre d’un contexte économique défavorable et de l’émoussement, déploré de longue date, de l’esprit coopératif au sein du Familistère. Dès 1960, Raymond Anstell propose la transformation de l’Association coopérative en société anonyme, finalement approuvée en assemblée générale le 22 juin 1968.

 

Pour aller plus loin :
L'album du Familistère, Guise, Les Éditions du Familistère, 2017, p. 415-419.