L’usine Godin SA est vue de la tour de l’aile gauche du Palais social.

L’usine Godin SA vue de la tour de l’aile gauche du Palais social. Photographie Hugues Fontaine, 2002.

La photographie montre une coulée de fonte dans l'usine Godin SA.

La fonderie de l’usine Godin SA. Photographie Georges Fessy, 2003.

Le site du Familistère de Laeken est photographié après destruction des ateliers

Le site des ateliers du Familistère de Laeken après destruction. Photographie Guido Vanderhuslt, 2014.

La vue aérienne montre le Palais social vers 1980

Le Palais social vers 1980. Photographie anonyme. Documentation Familistère de Guise.

Cette plaque date du temps de la vente des logements du palais après 1968

Plaque des services locatifs de Godin SA. Tôle émaillée, après 1968. Collection Familistère de Guise.

La photographie montre la couverture en tôles de plastique de la cour de l’aile

La couverture en tôles de plastique de la cour de l’aile droite du Palais social. Photographie Hugues Fontaine, 2002.

La photographie montre un appartement vide du Palais social.

Dans un appartement du Palais social. Photographie Gaël Clariana, 2013.

Les économats du Familistère sont à l’abandon.

Les économats du Familistère à l’abandon. Photographie anonyme, vers 1990. Documentation Familistère de Guise.

La buanderie-piscine du Familistère est en ruines.

La buanderie-piscine du Familistère à l’abandon. Photographie anonyme, vers 1990. Documentation Familistère de Guise.

Le Familistère après 1968

Sous le régime de l’Association coopérative, jusque 1968, le Familistère est une propriété collective unitaire. Après sa dissolution, la propriété est morcelée et le Palais social se dégrade.

L’industrie après 1968

Dès la fin des années 1950, la mise en place du marché commun européen et la concurrence accrue mettent à mal les usines de la Société du Familistère. Entre 1951 et 1967, les effectifs de la société et le nombre d’appareils produits sont divisés plus que de moitié. Aux causes externes s’ajoutent des difficultés internes, symptomatiques d’un essoufflement de l’esprit coopératif : la qualité d’associé est devenue héréditaire, l’innovation n’est pas stimulée et les investissements sont devenus insuffisants.

L’usine belge de Laeken cesse son activité dès 1961-1962. Les ateliers sont ensuite occupés par différents entrepreneurs. Racheté par un promoteur, le site industriel est rasé en 2013 pour laisser place à un centre commercial. Des constructions anciennes ne subsistent qu’un bâtiment de l’indiennerie rachetée en 1857 par Godin pour y établir son usine, et le pavillon d’habitation aujourd’hui abandonné.

À Guise, l’effort de modernisation de l’usine entamée par l’administrateur-gérant Raymond Anstell, et sa tentative pour trouver un partenaire financier, n’empêchent pas la ruine de l’Association coopérative du capital et du travail. Le 22 juin 1968, l’assemblée générale approuve la dissolution de l’Association en société anonyme. Godin SA est créée et les titres d’épargne sont transformés en actions. En 1970, le PDG de la société Le Creuset, fabricant de poteries culinaires en fonte à Fresnoy-le-Grand (Aisne) conduit un plan de sauvetage de l’entreprise et peut racheter les titres à 50% de leur valeur nominale. Le Creuset devient propriétaire des biens de la Société du Familistère.

En 1988, le groupe Cheminées Philippe, dont le siège est à Béthune (Pas-de-Calais), reprend Godin SA et entreprend le redressement de la marque. L’entreprise retrouve une position avantageuse en France pour les appareils en fonte de fer émaillée, cuisinières et surtout poêles à bois. En 2018, l’entreprise emploie près de 250 personnes.

Le Palais social après 1968

La dissolution de l’Association du Familistère en 1968 met un point final à plus de cent ans de vie communautaire. Dès l’année suivante, le théâtre et les écoles du Familistère sont cédés à la Ville de Guise. En 1981, celle-ci acquiert les économats, la buanderie-piscine et le kiosque à musique puis, en 1997, pour un franc symbolique, le jardin d’agrément. La plupart de ces annexes du Palais social sont laissées à l’abandon ou subissent des transformations malheureuses.

En 1970, la société Le Creuset met en vente les logements du Palais social. Chaque pavillon d’habitation constitue une copropriété distincte réunissant propriétaires occupants et propriétaires bailleurs. Faute de pouvoir engager des travaux importants, les parties communes se dégradent. Ainsi, les verrières du pavillon central et de l’aile droite sont remplacées par une couverture de tôles en plastique, qui va peu à peu s’obscurcir et laisser filtrer l’eau. Les logements sont progressivement dotés des éléments minimums du confort moderne. Cependant, cette modernisation se fait de manière contrastée. Les propriétaires occupants jouissent en général d’un logement confortable, tandis que les locataires vivent parfois dans des logements vétustes. Des tensions apparaissent entre les anciens Familistériens et les nouveaux résidents, arrivés « par défaut » au Familistère. Un nombre de logements de plus en plus important restent vacants. L’image du Palais social devient négative auprès des habitants de la région.

Le classement du Familistère au titre des monuments historiques en 1991 évite que soient dénaturés les édifices, dont l’état sanitaire devient cependant préoccupant. Leur réhabilitation est entreprise à partir de 2000 dans le cadre du programme Utopia de valorisation du Familistère de Guise.

 

Pour aller plus loin :
L'album du Familistère, Guise, Les Éditions du Familistère, 2017, p. 360-387.