Vue du dessus d'une cigale

Dessin d'étude du Megapomponia merula (cigale géante de Bornéo), 2018

Photographie d'une sculpture d'insecte

Oniscus Ascellus (aselle des murs), photographie Tout/reste/à/faire, 2016.

Vue de détail de l'atelier de construction.

Dans l'atelier pendant la construction du Trichognatus Marginipennis (coléoptère), photographie Tout/reste/à/faire, 2017.

Vue du dessus d'une sculpture représentant une punaise

Coreus Marginatus (punaise), 2015, photographie Nicolas Joubard.

17/02/2021 – 26/05/2021
Anima(ex)musica : bestiaire utopique

Présentation

Exposition et performances

« C’est leur petite taille qui fait que nous sommes incapables de nous représenter l’apparence des insectes. S’il était possible d’imaginer un mâle Chalcosoma avec son armure de bronze poli et ses encornures complexes qui aurait la taille d’un cheval ou simplement celle d’un chien, il deviendrait l’un des animaux les plus impressionnants de la planète. »
Charles Darwin, La descendance de l’homme et la sélection sexuelle, 1871.

Le projet anima(ex)musica prend au mot cette étrange proposition de Charles Darwin. Depuis 2013, les artistes Mathieu Desailly, Vincent Gadras et David Chalmin, au sein du collectif Tout/reste/à/faire, donnent vie à d’étonnantes créatures, leur bestiaire utopique darwinien.

 

Donner à voir l’invisible

Au départ deux invisibilités : celle de l’insecte, en raison de sa petitesse, et celle de la mécanique cachée des instruments de musique. En effet, dans l’élaboration des créatures, nous nous employons à donner à voir ce qui en général est, sinon microscopique, du moins extrêmement petit et à montrer la face cachée de l’instrument : l’intérieur d’un harmonium, les marteaux du piano, les mécaniques de l’accordéon, parfois en utilisant des instruments rares ou curieux (clavecin, ukulélé…). Cette combinaison permet à l’imaginaire de chacun de tenter une identification de ce qui est ainsi représenté : de quel animal parle-t-on ? L’occasion de reconnaître notre ignorance entomologique et de souhaiter la combler un peu. De quels instruments s’agit-il ? Là encore, bien que plus connus, les instruments révèlent souvent de grandes surprises quant à leur fabrication.

 

Donner de la visibilité à un monde invisible

Les arthropodes à eux seuls représentent en nombre d’espèces 80 % du vivant : un animal sur quatre est un coléoptère. Malgré leur supériorité numérique, ils sont pour la plupart ignorés, niés et victimes du plus grand dénigrement (à l’exception des abeilles). Ils étaient là bien avant nous et le seront probablement après. Les observer, les découvrir fait aussi partie de notre projet.

 

Insectes et Arthropodes

Les insectes sont apparus il y a 400 millions d'années. Ils appartiennent au plus grand groupe des animaux, les arthropodes, qui comprend également les myriapodes (mille-pattes, scolopendre), les crustacés (cloporte, crabe), les arachnides (araignée, scorpion). Actuellement, on estime leur nombre à plus d’un million et demi d’espèces. Du grec arthron « articulation » et podos « pied », le terme arthropodes indique qu’ils possèdent des appendices articulés (antennes, pièces buccales, pattes). Ces invertébrés ont un squelette externe - un exosquelette - constitué de chitine, sécrétée par l’animal. La rigidité de la cuticule provient de protéines tannées. Cette cuticule lui sert ainsi de protection, notamment contre la dessication. Leur carapace rigide induit une croissance discontinue, par des mues successives, permettant la croissance, l'acquisition de nouveaux organes ou des changements morphologiques. Le corps des arthropodes est constitué de plusieurs segments. Chez les insectes, ils sont regroupés en trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen. Le corps présente des orifices latéraux : ces stigmates sont des entrées d’air reliées à des trachées qui mènent l’air directement aux organes. Ce système respiratoire ne conviendrait pas à des organismes de grande taille. De même que le poids de leur squelette externe impose une taille petite, voire minuscule.

 

Arthropodes musicaux

Notre collectif Tout reste à faire redonne vie à des instruments de musique en inventant des créatures animées et sonores à partir d’instruments ou de pièces d’instruments de musique hors d’usage. Les instruments démontés avec précision reprennent vie ici sous la forme d’arthropodes. En fonction de leur anatomie et des assemblages effectués, ces créations sont rendues mobiles et animées. Leurs mouvements imitent la discrétion des insectes et se présentent sous forme de micro-déplacements, de vibrations, d’ondulations, d’ouvertures et de fermetures. Cette métamorphose redonne aux instruments une nouvelle vie musicale. Chaque créature fait l’objet d’une composition musicale dont l’orchestration renvoie aux instruments ayant servi à sa fabrication. Le monde des insectes est aussi un monde sonore, c’est pourquoi chaque spécimen est doté d’une partition. Son chant est déclenché par l’intrusion des spectateurs dans son espace et contribue à l’inquiétante étrangeté de la rencontre : les créatures tapies dans l’obscurité génèrent un discret bruit de fond qui peut s’apparenter à la rumeur d’une forêt ou d’une jungle. En s’approchant de chaque animal, on distingue clairement le son qu’il produit au sein de ce concert en y reconnaissant parfois les instruments qui le constituent.

 

Pour en savoir davantange : 
Anima(ex)musica

Notice créée le 22/10/2020.