Visite de M.Lugol, sous-secrétaire d'État aux régions libérées. Photographie anonyme, 15 mai 1921. Collection Familistère de Guise (inv. n°2025-2-125)
Visite de M.Lugol, sous-secrétaire d'État aux régions libérées. Photographie anonyme, 15 mai 1921. Collection Familistère de Guise (inv. n°2025-2-125)
Visite de M.Lugol, sous-secrétaire d'État aux régions libérées
| Photographe : | anonyme |
|---|---|
| Lieu : | Guise |
| Date : | 15 mai 1921 |
| Technique : | épreuve photographique sur papier au gélatino-bromure d'argent |
| Mesures : | H. 12,4 ; L. 17 cm |
| Inscriptions : | Manuscrit à l'encre bleue au revers : « 15 Mai 1921 » ; « Remise de la Croix de Guerre à la Ville de Guise par M. Lugol, sous-secrétaire d'Etat aux Régions Libérées » ; « A l'entrée du Familistère, M. Colin présente le Conseil de gérance » |
| Domaine : | photographie |
| Acquisition : | 2025 |
| Inventaire n° : | 2025-2-125 |
| Notice : | La ville de Guise et le Familistère ont été frappés de plein fouet par la Première guerre mondiale. Dès le début du conflit, au cours de la grande retraite des armées alliées, Guise est le théâtre d'un sanglant affrontement ayant pour but de ralentir la progression des forces allemandes. C'est la première bataille de Guise, qui dure du 28 au 30 août 1914. Il s'agit d'une victoire française : la Vème armée du général Lanrezac stoppe alors temporairement la IIème et la Ière armée allemande le long de la vallée de l'Oise, ce qui contribue au succès décisif des troupes françaises dans la Marne quelques jours plus tard. Le repli de l'armée française plus au sud a cependant pour conséquence l'occupation de Guise pendant quatre années par l'armée allemande. Après 1918, de nombreuses villes se voient décerner la croix de guerre, décoration militaire créée en 1915 pour récompenser une attitude de bravoure exceptionnelle. Guise en est récipiendaire en 1921. La remise de la décoration a lieu le 15 mai en présence de Georges Lugol (1864-1950), sous-secrétaire d'État aux régions libérées, du général Henri Capdepont (1864-1932), des députés et sénateurs de l'Aisne, ainsi que du préfet du département, Adrien Bonnefoy-Sibour (1881-1966). Le quotidien républicain La Lanterne fournit quelques détails savoureux sur le voyage de M.Lugol : faute de place dans les wagons des passagers, le sous-secrétaire d'État est apparemment obligé d'effectuer ce jour-là le trajet dans le fourgon aux bagages ! M.Lugol fut néanmoins accueilli en grande pompe à Guise, comme en témoignent plusieurs photographies conservées dans nos collections. Sur cette image, prise à l'entrée de la place du Familistère au niveau de la rue André Godin, on peut voir le sous-secrétaire d'État serrant les mains des membres du Conseil de gérance de l'Association coopérative du capital et du travail, qui lui sont présentés par l'administrateur-gérant Louis-Victor Colin. Les musiciens de l'Harmonie du Familistère, groupés sous leur bannière ornée d'une ruche, jouent un air pour animer l'évènement. Un portique en treillage a été dressé à l'entrée de la place. Il est pavoisé aux couleurs de la république française, et orné de panneaux figurant, tout comme la bannière de l'Harmonie, la ruche emblématique de la coopération. Marchant à l'aide d'une canne, le regard tourné vers les musiciens et coiffé d'un chapeau melon, Jules Rabaux accompagne la délégation qui vient d'entrer sur la place. Il est le père de René Rabaux (1902-1993), qui succède en 1933 à Louis-Victor Colin au poste d'administrateur-gérant de la Société du Familistère. À quelques mètres de lui se tiennent deux hommes portant képis et dolmans à brandebourgs qui sont probablement le préfet de l'Aisne Adrien Bonnefoy-Sibour et le sous-préfet de l'arrondissement de Vervins. Une foule nombreuse, vêtue de ses plus beaux habits, est venue assister à l'arrivée de la délégation. Cet événement marque un tournant dans la reconstruction du Familistère au lendemain de la Première guerre mondiale. En effet, outre la remise de la croix de guerre, Georges Lugol annonce en ce jour de mai 1921 l’allocation au Familistère d’un crédit de deux millions de francs destinés à la reconstruction de l’aile gauche. Après quatre années d'épreuve et une reprise difficile de son activité, l'Association peut ainsi désormais envisager un meilleur avenir. Bibliographie : Jessica DOS SANTOS. L’utopie en héritage. La Société du Familistère de Guise, de la mort de Jean-Baptiste Godin à la dissolution de l’association (1888-1968). Histoire. Université Charles de Gaulle- Lille III, 2012, p 288. La Lanterne, 24 mai 1921, [en ligne], Gallica, URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7511683j/f2 (consulté le 21 septembre 2026). |
| Mots-clés : | musique ; femme ; drapeau ; harmonie du Familistère de Guise ; musicien ; place du Familistère de Guise ; homme ; Colin (Louis-Victor) ; pavillon Cambrai du Familistère de Guise ; Rabaux (Jules) ; Lugol (Georges) ; Bonnefoy-Sibour (Adrien) |
Notice créée le 02/09/2026. Dernière modification le 21/09/2026.