La photographie montrer des enfants jouant à un jeu de construction.

Séance de jeu dans le pouponnat de la crèche du Familistère. Photographe anonyme, 1900. Collection Familistère de Guise (inv. n° 1976-1-58). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

Verso de la photographie montrant des enfants en train de jouer.

Séance de jeu dans le pouponnat de la crèche du Familistère (verso). Photographe anonyme, 1900. Collection Familistère de Guise (inv. n° 1976-1-58). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

Séance de jeu dans le pouponnat de la crèche du Familistère

Photographe :

anonyme

Lieu :

Guise

Date : 1900
Technique : épreuve photographique sur papier au gélatino-chlorure d'argent (aristotype)
Mesures : H. 12,1 ; L. 16,9 cm
Inscriptions :

manuscrit au verso au stylobille à encre rouge : « Société du Familistère | Godin | nourricerie » ; manuscrit au verso au stylobille à encre noire : « 1900 ».

Domaine :

photographie

Acquisition : fonds ancien du musée municipal de Guise, transféré en 2006.
Inventaire n° : 1976-1-58
Notice :

Dans la crèche du Palais social se trouvent les services de la petite enfance que Jean-Baptiste André Godin baptise « nourricerie » et « pouponnat », selon une terminologie fouriériste. Les enfants du Familistère sont nourrissons jusque l’âge de 24 ou 26 mois (jusqu'à ce qu'ils soient capables de marcher) et ils sont ensuite poupons jusque l’âge de 4 ans.

La scène est photographiée dans la salle réservée aux poupons, dans l’édifice élevé en 1866 au nord du pavillon central. Sur la gauche, la porte donne accès à la galerie extérieure couverte. Au fond de la pièce, a été aménagée une salle de classe, avec le mobilier scolaire conçu par Godin et fabriqué au Familistère. Cette installation prépare les poupons à l’environnement d’une classe des écoles. Les petits panneaux rectangulaires alignés sur une tablette fixée au mur – des surfaces géométriques assemblées – s’apparentent au matériel pédagogique de la méthode Fröbel.

Le jeu de construction en bois, qui occupe les poupons du Familistère, évoque également la pédagogie, dite parfois « intuitive », de Friedrich Fröbel, que la fouriériste Marie Pape-Carpantier expérimente en France à partir de 1855. Avec l’assistance de deux employées de la crèche, les enfants, garçons et filles mélangées, s’adonnent librement au jeu dans l’espace laissé vacant pour de tels exercices. Dans cette séance se manifeste l’esprit de l’éducation intégrale et attrayante de Charles Fourier, dont se réclament Godin et Marie Moret : « tous les besoins légitimes, physiques et moraux de l’enfance, écrit Godin en 1871 dans Solutions sociales, sont prévus et satisfaits dans la mesure du possible, et l’entraînement au plaisir, si vif chez les enfants, est un des meilleurs ressorts à développer pour exciter l’élève au travail, en lui faisant acquérir ainsi le droit d’usage des objets récréatifs les plus intelligemment conçus pour son développement physique et moral » (p. 511).

Bibliographie :
Godin (Jean-Baptiste André), Solutions sociales, Guise, Les Éditions du Familistère, 2010 (réédition de l’ouvrage paru en 1871), p. 501-525.

Mots-clés : enfant ; femme ; crèche du Familistère de Guise ; pouponnat du Familistère de Guise ; jeu

Notice mise en ligne le 09/07/2018. Notice modifiée le 07/11/2018.