La photographie montre Madame Roger préparant le matelas d'un berceau.

Préparation d’un berceau de la nourricerie du Familistère. Photographe anonyme, 1889. Collection Familistère de Guise (inv. n° 1976-1-64). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

Vue du verso de la photographie montrant Madame Roger préparant un berceau.

Préparation d’un berceau de la nourricerie du Familistère (verso). Collection Familistère de Guise (inv. n° 1976-1-64). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

Sur cette page du catalogue de 1880, apparaît le modèle du berceau.

Le modèle du berceau de la nourricerie du Familistère dans l’album de 1880 de la Société du Familistère. Crédit photographique : Familistère de Guise, 2012.

Préparation d’un berceau de la nourricerie du Familistère (détail). Photographe anonyme, 1889. Collection Familistère de Guise (inv. n° 1976-1-64). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2018.

Préparation d’un berceau de la nourricerie du Familistère

Photographe :

anonyme

Lieu :

Guise

Date : 1889
Technique : épreuve photographique sur papier au gélatino-chlorure d'argent (aristotype)
Mesures : H. 11,8 ; L. 16,9 cm
Inscriptions :

au verso : manuscrit au crayon « La nourricerie | préparation d’un berceau | à prendre », manuscrit au stylobille « 1889 » et cachet à l'encre bleue du musée municipal de Guise.

Domaine :

photographie

Acquisition : fonds ancien du musée municipal de Guise, transféré en 2006.
Inventaire n° : 1976-1-64
Notice :

La scène se déroule dans la crèche du Familistère. Derrière un berceau, incliné pour les besoins de la photographie, madame Roger, première dame assistante de la nourricerie, mime la préparation du berceau imaginé par Jean-Baptiste-André Godin pour équiper la nourricerie du Palais social.

« Au Familistère, écrit Godin dans Solutions sociales, le coucher de l'enfant est toujours sec et sans odeur. Les berceaux se composent d'un ovale en tringle de fer rond, porté par deux montants un à chaque extrémité; celui de la tête forme la flèche du rideau en s'élevant au-dessus du lit ; le tout est fixé sur deux pieds en fonte reliés par une traverse. Les berceaux sont ainsi portatifs et légers. Une toile en fort coutil, lacée sur l'ovale de fer, compose le corps d'un berceau très-gracieux ; le matelas est formé de 30 à 40 litres de gros son bien bluté, mis dans le fond de cette toile, et recouvert d'un petit drap; l'oreiller peut également être fait de son. Cette couche ne se pénètre pas d'humidité [...] Tous les mois au plus, le son d'un berceau doit être entièrement changé, afin d'éviter toute fermentation, et cette fermentation peut être aussi retardée, ou empêchée, en faisant étuver au four le son destiné au coucher de l'enfant [...] L'enfant, à la Nourricerie du Familistère, se trouve ainsi placé dans des conditions hygiéniques que ne possèdent pas toujours les classes aisées. L'ouvrier, sous ce rapport, n'a donc rien à envier à la fortune. » (Godin, 1871, p. 565-566)

La composition du matelas en son de céréale est une idée du docteur fouriériste Auguste Savardan, ancien de la colonie de Réunion au Texas, qui s’occupe des questions liées à l’enfance depuis les années 1840. Godin correspond avec lui en 1865 au sujet du couchage des nouveau-nés, peu avant l’ouverture en 1866 de la nourricerie.

La photographie est reproduite dans Le Familistère illustré…, une brochure publiée à l’occasion de l’exposition universelle de Paris en 1900, avec ce texte l’accompagnant : « Au premier plan de l’image, vous voyez une personne occupée à préparer un berceau. Saluons-la au passage. C’est la doyenne des employées de la nourricerie, la bonne Mme Roger, que ses meilleurs amis appellent affectueusement « la mère universelle ». Trois générations de jeunes Familistériens ont été soignées, dorlotées et… lavées par ses mains expertes ; aussi, nombre d’entre eux lui ont conservé l’appellation enfantine qu’ils balbutiaient autrefois et la nomment encore “Maman Géger”. » (Le Familistère illustré…, p. 38).

Sources et bibliographie :
Paris, bibliothèque central du conservatoire national des arts et métiers, fonds Godin, correspondance, FG 15 (6) : lettres de Godin à Auguste Savardan, 11 et 17 octobre 1865.
Savardan (Auguste), L’extinction du paupérisme réalisée par les enfants et la commune telle qu’elle est et telle qu’elle pourrait être, Paris, Garnier Frères, 1850, p. 50.
Godin (Jean-Baptiste André), Solutions sociales, Guise, Les Éditions du Familistère, 2010 (réédition de l’ouvrage parue en 1871), p. 518-519.
Album général d’août 1880 des fonderies et manufactures de la Société du Familistère de Guise Godin & Cie, Guise, Imprimerie Baré, 1880, p. 83.
[Dallet (Émilie), Fabre (Auguste), Prudhommeaux (Jules)], Le Familistère illustré. Résultat de vingt ans d’association. 1880-1900, Paris, Guillaumin & Cie, [1900], p. 38.
Godin (Jean-Baptiste André) et Fontaine (Hugues), Lettres du Familistère, Guise, Les Éditions du Familistère, 2011, p. 59.
L’album du Familistère, Guise, Les Éditions du Familistère, 2017, p. 318-32

Mots-clés : Roger (Madame) ; berceau ; nourricerie ; seau ; crèche du Familistère de Guise
Œuvres en rapport :

L'intérieur de la nourricerie du Familistère

Notice mise en ligne le 15/06/2018. Notice modifiée le 07/11/2018.