L'affichette revendique des réformes et proclame une fraternité universelle.

Vœux du peuple. Réformes pour tous !, imprimé, 1848. Collection Familistère de Guise (inv. n° 1999-3-61). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2001.

Vœux du Peuple. Réformes pour tous !

Éditeur :

La Démocratie pacifique

Journal quotidien puis hebdomadaire (août 1850-1851) paraissant à Paris de 1843 à 1851.

Lieu :

Paris

Date : 1848
Imprimeur :

Imprimerie de E. Duverger

Lieu :

Paris

Date : 1848
Technique : imprimé
Mesures : H. 24,8 ; L. 32,4 cm
Inscriptions :

imprimé en bas à droite : « Imprimerie d'E. Duvergier, rue de Verneuil, 1. »

Domaine :

imprimé

Acquisition : fonds ancien du musée municipal de Guise transféré, en 2006.
Inventaire n° : 1999-3-61
Notice :

Le 22 février 1848, Jean-Baptiste André Godin se rend à Paris pour participer au banquet organisé par les partisans de la réforme électorale : « Les événements dépassèrent mon attente. Le banquet fut supprimé. Mais les écoles remplacèrent cette manifestation par leurs promenades dans les rues aux cris de Vive la réforme ! La nuit suivante, vers neuf heures, quelques barricades s’élevaient silencieusement aux abords des Tuileries mêmes, et, peu après, un feu de peloton tiré de l’hôtel des Capucines sur la foule des boulevards venait surexciter l’émotion générale. Le 23, Paris avait l’aspect d’une ville en révolution ; le 24, je vis le peuple entrer aux Tuileries et la royauté partir pour l’exil. Un instant après, j’aidai à afficher sur les murs du Carrousel et dans les rues de Paris, un placard rédigé par les rédacteurs de La Démocratie pacifique. J’étais allé à Paris pour voir une manifestation et j’avais vu une révolution. Le suffrage universel était conquis et la République proclamée » (cité par Marie Moret, Documents pour une biographie complète de Jean-Baptiste André Godin, 1897-1910, vol. 1, p. 98-99).

Un exemplaire du placard que Godin colle le 24 avril 1848 sur les murs de la capitale insurgée est conservé dans les collections du Familistère de Guise. La campagne d’affichage est organisée par ses amis fouriéristes de La Démocratie pacifique. Journal des intérêts des gouvernements et des peuples, l’organe politique de l’École sociétaire fondé par Victor Considerant en 1843. Le journal manifeste son soutien au poète Alphonse de Lamartine, député républicain et auteur à succès, en 1847, de l’Histoire des Girondins. Lamartine est une figure très populaire de la révolution. Le soir du 24 février 1848, il proclame la République sur la place de l’Hôtel de ville. Les idées avancées dans le texte du placard n’ont pas un caractère fouriériste explicite. Ces sont des revendications générales sur les libertés, la réforme électorale, l’éducation et, grande affaire du gouvernement provisoire de la République, le droit au travail. Par la proclamation d’une fraternité universelle, le pacifisme social des fouriéristes s’accorde avec les ambitions des républicains modérés : le droit au travail doit respecter la propriété privée, la liberté n’empêche pas l’ordre, les travailleurs et les chefs d’industrie sont appelés à s’associer.

Mots-clés : révolution de février 1848 ; Lamartine (Alphonse de) ; La Démocratie pacifique

Notice mise en ligne le 01/04/2018. Notice modifiée le 11/06/2018.