Le portrait en plâtre de Godin est fixé sur un médaillon en bois ovale.

Médaillon au portrait de Jean-Baptiste-André Godin. Paul-Charles Galbrunner,1878. Collection du Familistère de Guise (2015-4-5). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2015.

Le portrait présente Godin en buste de trois-quarts.

Médaillon au portrait de Jean-Baptiste-André Godin (détail). Paul-Charles Galbrunner,1878. Collection du Familistère de Guise (2015-4-5). Crédit photographique : Familistère de Guise, 2015.

Médaillon au portrait de Jean-Baptiste-André Godin

Graveur sur pierre :

Galbrunner (Paul-Charles)

Sculpteur et graveur sur pierres fines, né à Paris en 1823 et mort à Paris en 1905.

Lieu :

Paris

Date : 1878
Technique : bois ; plâtre
Mesures : H. 4,5 x L. 3,5 cm (portrait)
Domaine :

sculpture

Acquisition : achat en 2015 avec l’aide du Fonds régional d’acquisition pour les musées de Picardie et du conseil départemental de l’Aisne.
Inventaire n° : 2015-4-5
Notice :

Le portrait miniature de ce médaillon est identique au portrait du camée que Jean-Baptiste André Godin commande à l’automne 1878 à la Maison Guyétant de Paris (collection Familistère de Guise, inv. n° 1999-5-20). Il en est sans doute le modèle. Le portrait en plâtre n’est pas signé, mais on peut l’attribuer avec vraisemblance au sculpteur et graveur sur pierres fines Paul-Charles Galbrunner, un artiste réputé, auteur d’un étonnant buste de Napoléon III en 1866 et de camées exposés au Salon de peinture et de sculpture à Paris. Le 29 octobre 1878, Godin demande à Galbrunner de lui fixer le prix d’un médaillon en plâtre « pour le cas où je ne pourrais me décider à faire faire le camée ».

En décembre 1878, le sculpteur adresse à Godin deux portraits en plâtre : l’un de trois-quarts et l’autre de profil. Dans une lettre à Galbrunner du 14 décembre 1878, le fondateur du Familistère juge sévèrement les médaillons : « Pour répondre à la demande que vous me faites de vous fixer sincèrement sur le plus ou moins de mérite de cet essai, je n’ai pas voulu m’en tenir à mon appréciation seule et me suis aidé des avis de quelques amis. On a été unanimes à reconnaître que le médaillon de trois-quarts était tellement éloigné de la vérité qu’il n’y avait lieu de faire aucune observation à son sujet. Quant à celui de profil, il y a bien quelque ressemblance phrénologique, mais le caractère général du visage ne rend pas ma physionomie. » Le 17 décembre suivant, Godin renvoie les médaillons à Galbrunner.

On voit que le fondateur du Familistère est très sensible à la question de la vérité du portrait, un art qu’il pratique lui-même. Pour Godin, adepte de la phrénologie, la ressemblance du portrait à son modèle doit être à la fois sensible et spirituelle. Le portrait doit refléter fidèlement les traits physiques caractéristiques du modèle mais aussi ses facultés psychologiques et intellectuelles fondamentales, lesquelles, selon la phrénologie, transparaissent dans la forme du visage.

Le portrait du camée souffrait du même défaut de ressemblance que le portrait en plâtre, selon Godin et ses « amis ». L’industriel refusa d’en prendre livraison avant de l’accepter malgré la faiblesse des retouches qui avaient été faites. Peut-être en alla-t-il de même pour le médaillon en plâtre que Marie Moret puis ses héritiers ont soigneusement conservé jusque 2015.

Sources :
Bibliothèque centrale du Conservatoire national des arts et métiers (Paris), fonds Godin, correspondance, FG 15 (19 et 20) : lettres de Godin à Paul-Charles Galbrunner, 29 octobre 1878, 14 décembre 1878 et 17 décembre 1878.

Mots-clés : portrait ; Godin (Jean-Baptiste André)
Œuvres en rapport :

Camée au portrait de Jean-Baptiste-André Godin

Notice mise en ligne le 14/04/2018.