8 octobre 2020

Esprit, es-tu là ?

Jusqu’au 1er novembre 2020, il est possible de voir une reconstitution de l’Évocateur de Godin au musée Maillol à Paris, dans le cadre d’une belle exposition consacrée aux peintres et aux voix de l’au-delà.

Photographie du titre de l'exposition "Esprit, es-tu là"

L’ouverture de l’exposition « Esprit, es-tu là ? », au musée Maillol à Paris. Photographie Familistère de Guise, 2020.

L’exposition « Esprit, es-tu là ? », visible au musée Maillol jusqu’au 1er novembre 2020 est la reprise de l’exposition présentée par le LaM de Villeneuve d’Ascq à l’automne dernier. Elle se concentre sur les peintres spirites du nord de la France, dont les œuvres inspirées sont une richesse du LaM : Augustin Lesage, Victor Simon et Fleury-Joseph Crépin. Mais les premières salles évoquent l’émergence du mouvement spirite aux États-Unis et en Europe au milieu du XIXe siècle.

Godin parmi la galerie de portraits des personnalités spirites, dans l’exposition « Esprit, es-tu là ? » au musée Maillol à Paris. Photographie Familistère de Guise, 2020.

Fourier, Hugo, Godin, Edison, Jaurès…

Jean-Baptiste André Godin (1817-1888) découvre le spiritisme auprès de ses amis fouriéristes à Paris en août 1853. Il s’adonne à la pratique de communication avec les esprits jusqu’à la fin de sa vie, en compagnie, entre autres, de Marie Moret et de la sœur de celle-ci, Émilie Dallet. Godin a parfaitement conscience des soupçons de supercherie qui pèsent sur les pratiques spirites. Il n’en reste pas moins que l’industriel rationaliste est aussi en quête de spiritualité : il a la conviction de l’existence d’esprits désincarnés et croit à la possibilité pour les esprits incarnés de communiquer avec eux. Un portrait de Godin figure dans la galerie des personnalités spirites de l’exposition du musée Maillol.

L’Évocateur de Godin, dans l’exposition « Esprit, es-tu là ? » au musée Maillol à Paris. Photographie Familistère de Guise, 2020.

L’Évocateur, un télégraphe spirituel

Parmi un ensemble remarquable de gravures et d’objets relatifs aux pratiques spirites au XIXe siècle, l’exposition présente une reconstitution de l’Evocateur, machine à communiquer avec les esprits inventée par Godin en 1853, que l’exposition « Des machines au service du peuple. Godin et la mécanique » organisée au Familistère en 2017 n’avait pas manqué d’évoquer. La soigneuse reconstitution de l’appareil disparu a été imaginée par les artistes Louise Hervé et Chloé Maillet en collaboration avec la designer matali crasset. L’objet est modeste : il est fait d’un cadran alphabétique avec une aiguille monté sur deux planchettes de bois. Sa destination est ambitieuse. Il fonctionnait comme un télégraphe spirituel selon la description qu’en a faite Godin : les impulsions spirituelles se substituent aux impulsions électriques pour actionner l'aiguille qui désigne des lettres, qui forment des mots puis des phrases par lesquelles l'esprit s'exprime. Cette reconstitution fidèle accomplie par Louise Hervé et Chloé Maillet matérialise une invention fascinante du fondateur du Familistère. Elle est une excellente introduction à la complexité de sa pensée.

L’Évocateur de Godin, reconstitution de Louise Hervé et Chloé Maillet. Photographie Familistère de Guise, 2020

À voir jusqu’au 1er novembre 2020 au musée Maillol, 61 rue de Grenelle 75007 Paris.