UNE ÉDUCATION INTÉGRALE

Pour les réformateurs socialistes, l’éducation pour tous est une clé de la transformation sociale. Au Familistère, l’éducation gratuite, mixte et obligatoire a l’ambition de former les citoyens d’une société nouvelle.

Pour l’autodidacte Jean-Baptiste André Godin, l’instruction est le plus précieux des équivalents de la richesse procurés par le Palais social. Il est profondément convaincu qu’elle est la condition de l’émancipation des classes populaires, un fondement de la vaste réforme sociale qu’il projette. Au Familistère, l’éducation est « intégrale » : elle est accessible à tous sans exception et touche toutes les capacités de l’être humain. Elle est gratuite puisque dispensée aux frais de l’établissement industriel et mixte pour être conforme à ce que Godin nomme une « règle naturelle ». Elle est également laïque et obligatoire jusqu’à 14 ans.

Le système éducatif du Familistère est organisé dès 1863. Les services de l’enfance comportent trois institutions : la crèche ou nourricerie-pouponnat destinée aux enfants de 15 jours à 4 ans, l’asile ou bambinat pour les 4 à 6 ans et l’école primaire pour les 6 à 13 ans. A l’intérieur de ces établissements, les enfants sont répartis en sept classes d’âge qui les mènent du berceau à l’entrée dans la vie professionnelle.

Avant la construction d’établissements adaptés à chaque degré d’enseignement, les services de l’éducation sont établis dans des salles des économats pour la petite enfance et des pavillons d’habitation pour l’enseignement primaire. Ces aménagements temporaires sont abandonnés lors de l’achèvement de la nourricerie-pouponnat en 1866 et du groupe du théâtre et des écoles en 1870. L’ensemble de ces services situés à l’arrière du pavillon central et face à lui constituent dès lors un pôle d’organisation de la cité, signifiant dans l’espace le rôle primordial de l’éducation au Familistère.

L’éducation au Familistère ne s’arrête cependant pas à l’enfance : elle doit être non seulement intégrale mais aussi permanente. Le théâtre, avec son programme de conférences et de spectacles, ou la bibliothèque publique aménagée à côté des écoles et ouverte le soir afin que les ouvriers puissent s’y rendre après le travail, viennent compléter le vaste projet éducatif de Godin.

 

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Séance de jeu éducatif au bambinat · photographie anonyme, 1895 (détail) · collection Familistère de Guise