TEXTES CHOISIS

« Quand toute l’industrie tend à marcher à la vapeur, quand toutes les forces humaines se concentrent et s’accumulent pour se centupler, quand tout tend à être conduit par la science et la capacité, il est temps de poser les conditions du problème de l’habitation rationnelle de l’homme ; ces conditions sont de réaliser, au profit des masses, les équivalents de la richesse. Eh bien ! cela ce ne sera pas la maisonnette isolée autour de laquelle chacun cultivera mal quelques mauvais choux qui le réalisera. »

Lettre de Godin à Emmanuel Duvergier de Hauranne, 11 novembre 1864 (dans Lettres du Familistère, Guise, Éditions du Familistère, 2008, p. 36)

 

 

« Le Familistère, soyez-en convaincu, n’a pas d’autre but que de constituer le plus tôt qu’il sera possible le plus vaste champ d’association coopérative qui aura été inauguré dans le monde. Il n’est qu’un ensemble de dispositions matérielles prises pour atteindre ce résultat en y préparant les esprits et les faits. »

Lettre de Godin à Édouard Raoux, 16 mars 1866  (Fonds Godin-Fourier-Prudhommeaux, bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers, Paris)

 

 

« Il est temps de se demander si ceux qui créent la richesse n’ont aucun droit aux bienfaits et aux splendeurs qu’elle procure, et si ce droit reconnu, il n’en résulte pas pour tous le devoir d’employer davantage la richesse au profit des populations qui la produisent. »

Godin, Solutions sociales, 1871 (réédition aux Éditions du Familistère, 2010, p. 39)
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« Frappés des misères que renferme encore l’habitation humaine, quelques hommes aux bonnes intentions se sont occupés de la maison qu’on pouvait édifier au meilleur marché possible, et ils ont préconisé la petite maison et le petit jardin. Ils ont certainement raison aux yeux du grand nombre, car une petite maison, un petit jardin, peuvent être l’objet des rêves de celui qui n’a rien. Mais s’agit-il ici de flatter les désirs irréfléchis de l’ignorance ? Non, la question sociale nous impose la recherche de la vérité. »

Godin, Solutions sociales, 1871 (réédition aux Éditions du Familistère, 2010, p. 403)

 

 

« De même que la hutte correspond aux besoins de la vie sauvage, la tente à la vie pastorale, la maison isolée à la vie agricole et artisane, l’Architecture Unitaire de l’Habitation correspond à la constitution de la Grande Industrie. »

Godin, Solutions sociales, 1871 (réédition aux Éditions du Familistère, 2010, p. 418)

 

 

« On ne peut faire un château pour chaque ouvrier : il faut donc, pour une Equitable Répartition du bien-être, créer le Palais dans lequel chaque famille et chaque individu trouveront ces ressources et ces avantages, réunis au profit de la collectivité. »

Godin, Solutions sociales, 1871, (réédition aux Éditions du Familistère, 2010, p. 432)

 

 

« Quant aux moyens de distraction et de repos, imaginez-vous qu'il ne s'amuse de rien de ce qui plaît aux autres hommes. Il ne fume pas, n'aime ni les cartes, ni les échecs, ni le billard, ni mille choses dont, en conséquence, j'ignore les noms. Le théâtre le fatigue ; les conversations oiseuses lui pèsent ; la promenade ne lui est bonne qu'en voiture. L'unique distraction qu'il puisse prendre, c'est la conversation entre gens sympathiques et notre cercle est bien restreint. Ajoutez à cette unique chose qu'il aime les enfants et que ma chère et charmante soeur (mariée à un capitaine de la marine marchande et habitant le Familistère) nous a donné trois ravissantes nièces dont les deux aînées, âgées de 6 et de 3 ans, adorent Oncle André. Oncle André, c'est M. Godin notre cher et bien-aimé maître à toutes deux. Oncle André joue donc avec Marie et Lilie, et il le fait avec une tendresse et une grâce enchanteresses. »

Lettre de Marie Moret à Marie Howland, 10 juillet 1878 (Fonds Godin-Fourier-Prudhommeaux, bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers, Paris)

 

 

« Lorsqu’en 1877 je vous ai fait des conférences, je croyais certainement toucher au but (la signature de l’Association) en quelques mois. J’espérais aussi trouver en vous des concours actifs, dévoués ; sur ce point, je m’étais trompé. J’ai dû créer moi-même et de toutes pièces les rouages de notre association ; et nulle foi, nulle persévérance ne m’ont été prêtées par vous. Dans le domaine industriel seul, j’ai été aidé. Là, je le reconnais, vous m’avez apporté concours et dévouement. Mais ce que j’avais espéré en 1877 c’était éveiller en vous assez d’amour pour l’Association pour que vous vous attachiez réellement à me seconder dans la préparation de cette oeuvre ; je n’ai recueilli que votre indifférence. »

Conférence de Godin au personnel de la Société du Familistère, 30 septembre 1880 (citée par Marie Moret, Documents pour une biographie complète de Jean-Baptiste André Godin, vol. II, 1902-1906, p. 584.)

 

 

« Le Familistère vivra. L'idée qui y a donné naissance est impérissable, elle vivra autant que le monde. Et quand les murs de briques qui nous abritent seront tombés en poussière, les générations se transmettront le souvenir des enseignements qui auront été incarnés ici. »

Godin, conférence au personnel du 22 mai 1881

 

 

« Oui je conçois ce qu'il y a de bonheur lorsque dans une collaboration intime, les volontés s'unissent pour la recherche de la vérité, et pour travailler ensemble au bien des autres ; mais ce bonheur je ne l'aurai qu'imparfaitement connu ; une partie des plans de ma vie restera sans application, parce que la collaboration qui m'est accordée n'est pas en complète unisson avec ma pensée, elle est insuffisante pour donner à celle-ci la suite que je lui conçois, ceci pour les faits matériels. Dans l'ordre intellectuel une autre partie de ma pensée restera sur le papier de mes manuscrits imparfaite et sans avoir donné ce qu'elle peut renfermer d'utile ; le temps me manquera sans doute. »

Lettre de Godin à Amelia Hope Whipple, 8 mars 1882 (Fonds Godin-Fourier-Prudhommeaux, bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers, Paris)

 

 

« Le progrès social des masses est subordonné au progrès des dispositions sociales de l’architecture. »

Godin, Le Gouvernement, 1883

 

 

« Le Familistère est fait pour être vu et étudié ; c’est donc avec plaisir que je vois les gens se livrer à cet examen et à cette étude. Mais il faut bien distinguer entre deux catégories de visiteurs : l’une composée de personnalités très rares qui tirent de leur visite ici un parti très utile à la propagande des idée, l’autre composée de simples curieux dont la venue ici ne porte aucun fruit appréciable. »

Lettre de Godin à Tito Pagliardini, 24 juin 1885 (Fonds Godin-Fourier-Prudhommeaux, bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers, Paris)

 

 

« Le Familistère de Guise donne, sur bien des points, l’exemple et le signal. Qu’on aille voir le Familistère de Guise. »

Inauguration de la statue de Fourrier à Paris, 4 juin 1889