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L'espace libre compte dans l'organisation urbaine du Familistère.
A l'échelle du logement, de l'immeuble ou de la cité,
il remplit une fonction sanitaire, accueille les rituels communautaires
et manifeste l'unité sociale.
L'espace libre est une valeur économique et culturelle
: le confort domestique et collectif. Les pleins et les vides
du Palais social sont rationnellement distribués sur
la trame géométrique qui dirige la composition
du plan.
La place du Familistère transpose la place de manuvre
des phalanges industrielles du Phalanstère rêvé
par les fouriéristes. Elle matérialise la continuité
entre le Palais et ses services ; elle fait l'opulence des
immeubles qui la forment. La place est un vide unitaire et
monumental.
La place résulte de la construction des économats
à l'est, du pavillon central du Palais au nord, du
théâtre et des écoles au sud. Sur la rive
ouest, l'édifice symétrique aux économats,
projeté en 1858, n'est pas réalisé. Deux
lignes de hauts arbres sont finalement plantées pour
bâtir les côtés de la place et affirmer
sa géométrie.
L'espace commun du Familistère est à l'origine
vierge de tout aménagement. Lorsque l'Association érige
en 1889 le monument à J.-B.-A. Godin, dans l'axe des
entrées du Palais et du théâtre, elle
donne un centre à un espace jusque là uniforme
mais ne remet pas immédiatement en cause la nudité
de la place.
Cette esplanade est la grande cour de récréation
des enfants des écoles, le champ des parades familistériennes
ou des grandes fêtes du Palais social.
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