| Le pavillon Landrecies à peine
achevé, l’Association coopérative du Capital
et du Travail entreprend en 1883 de réaliser un nouveau
bâtiment d’habitation au lieu dit « Gisompré
», acquis par Jean-Baptiste-André Godin entre
1868 et 1878. La construction est élevée le
long de la route de Cambrai, au sud-ouest du Palais social,
à l’extérieur de la presqu’île
formée par l’Oise et le canal des usines sur
laquelle avait été fondé le Familistère.
Le pavillon Cambrai est le dernier immeuble d’habitation
construit par la Société du Familistère.
Il est aussi le plus vaste. Il comprend près de 150
appartements. Le pavillon Cambrai reprend la plupart des dispositions
des édifices du Palais (escaliers dans les angles,
coursives, appartements traversants sur quatre niveaux). Il
se distingue cependant par sa cour à ciel ouvert. La
volonté d’adapter le dispositif constructif
aux souhaits des habitants, l’excessive portée
requise pour la charpente et l’existence de trois cours
couvertes pour abriter les fonctions sociales familistériennes
ont pu conduire à cette transformation du modèle
architectural. A un degré différent du pavillon
Landrecies, le pavillon Cambrai est une entorse à l’esprit
de l’habitation unitaire. La cour couverte est un espace
collectif à caractère domestique. Sa vertu première
est de manifester l’unité de l’habitation.
La cour ouverte est simplement un espace simplement commun
qui fait du pavillon Cambrai un parent de l’immeuble
« collectif » du XXème siècle.
Plus conforme aux modes d’habiter du XXème siècle,
le pavillon Cambrai est le moins affecté des immeubles
du Palais social par la dissolution en 1968 de l’Association
coopérative et la constitution de copropriétés
privées. Comme le pavillon Landrecies, il a été
exclu en 1991 du classement du Palais social au titre de la
loi sur les Monuments Historiques. Grâce à des
travaux d’entretien réguliers, facilités
par des surfaces communes bâties réduites, l’état
sanitaire du bâtiment reste convenable. La copropriété
a pu réaliser des équipements de confort, comme
un ascenseur, qui ont permis de maintenir un taux d’occupation
bien plus élevé que celui des autre bâtiments
d’habitation du Familistère.
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