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L’éducation de tous les enfants dès leur
plus jeune âge est le plus précieux des équivalents
de la richesse prodigués par le Palais social. L’expérience
personnelle de l’autodidacte Godin et sa lecture de
Fourier fondent sa conviction qu’une éducation
démocratique est la condition de l’émancipation
des classes populaires et de la réforme sociale.
Le projet d’éducation intégrale est mis
en œuvre avec une ampleur exceptionnelle. A l’achèvement
du Palais social, les services d’éducation comprennent
:
1° La Nourricerie : enfants de l’âge de
15 jours à 2 ans.
2° Le Pouponnat : enfants de 2 ans à 4 ans.
3° Le Bambinat : enfants de l’âge de 4 à
6 ans.
4° La Troisième Classe : élèves âgés
de 6 à 8 ans.
5° La Deuxième Classe : élèves de
8 à 10 ans.
6° La Première Classe : élèves de
10 à 13 ans.
7° Les Cours Supérieurs : élèves
les plus doués.
8° L’Apprentissage au sein de la manufacture pour
les enfants âgés de 14 ans au moins.
Les services d’éducation sont dispensés
gratuitement à tous les enfants habitant au Familistère
(au nombre de 320 en 1874). Les frais de fonctionnement et
les appointements des éducateurs et des maîtres
sont imputés à l’origine sur les frais
généraux de l’établissement industriel.
La mixité des classes est la règle dès
la Nourricerie.
Dans le Palais unitaire, l’école est comme un
prolongement de l’appartement ; elle est intimement
associée à l’habitation. Une crèche
et un asile sont ouverts dans le premier pavillon d’habitation
dès 1861. Mais l’expérimentation n’est
pas toujours immédiatement couronnée de succès.
Les institutions de la petite enfance ferment en 1862. Pour
Jean-Baptiste-André Godin et Marie Moret, elles sont
déterminantes dans le processus d’acculturation
des familles à un nouvel environnement social. Le temps
est mis à profit pour convaincre les habitants des
avantages de la nourricerie et du pouponnat qui sont réunis
en 1866 dans un édifice spécial au nord du pavillon
central du Palais social.
L’édifice abritant la Nourricerie et le Pouponnat
communique de plain-pied et à couvert avec la cour
du pavillon central du Palais social. La construction en briques
comprend un seul niveau élevé sur un soubassement.
Les multiples versants des toitures autorisent un éclairage
zénithal de la totalité des intérieurs.
Une galerie extérieure de promenade soutenue par des
colonnes de fonte, couverte sur deux côtés, contourne
l’édifice.
On trouve à l’intérieur : la salle d’enseignement
du Pouponnat, l’espace de promenade de la Nourricerie
et la salle des berceaux. La cohabitation des nourrissons
avec les poupons est un facteur d’émulation dans
l’apprentissage de la propreté ou de la marche
et, déjà, de la solidarité. L’équipement
des institutions du Familistère est l’objet d’une
attention singulière de la part de Jean-Baptiste-André
Godin qui en conçoit les détails du mobilier
: les dispositions matérielles adaptées aux
besoins de chacun favorisent le progrès moral ou intellectuel.
Les berceaux de la Nourricerie sont fabriqués à
l’usine : leur structure métallique est aérée,
leur matelas isolant et absorbant est constitué de
son régulièrement renouvelé. Le promenoir
de la Nourricerie ou les sièges de nourrissons s’inspirent
du mobilier des nouveaux asiles parisiens. Le matériel
d’apprentissage de la lecture et du calcul du Pouponnat
prend modèle sur les systèmes les plus avancés.
Les jouets ont aussi une place dans une pédagogie qui
fait du plaisir une ressource éducative.
La Nourricerie-pouponnat est détruite en 1918. Elle
ne sera pas reconstruite. Il est possible que son exposition
au nord, à l'ombre du pavillon central n’ait
plus été jugée satisfaisante sur le plan
de l'hygiène et du confort des enfants.
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