| A la fin de la Grande Guerre, on dénombre
158 victimes militaires ou civiles parmi la population du
Palais social et le personnel de l'usine. Pour honorer leur
mémoire, la Société du Familistère
choisit d'ériger un monument particulier, distinct
de celui élevé à la mémoire des
habitants de la ville de Guise morts en 1914-1918.
Le monument est construit sur une parcelle en triangle à
l'extrémité du terrain situé devant le
pavillon Cambrai entre la rue et le canal des usines, à
la place d'une partie des jardins potagers cultivé
à cet endroit par les familistériens. Des piliers
maçonnés reliés par une chaîne
forment l'enclos du monument adossé au canal.
L'exécution des sculptures est confiée à
deux statuaires réputés, les frères Jan
et Joël Martel qui reçoivent dans cette période
de nombreuses commandes de monuments commémoratifs
pour les régions dévastées. Le programme
du monument aux morts s'inspire du programme du mausolée
de Jean-Baptiste-André Godin. De part et d'autre de
la statue monumentale d'un " poilu ", deux bas-reliefs
en marbre blanc représentent la Famille et le Travail.
De même que sur le mausolée, ces allégories
ont un caractère réaliste : la Famille est illustrée
par un groupe de femmes et d'enfants devant la façade
du Palais social, et le Travail par une scène de moulage
dans une fonderie.
Le monument aux morts est inauguré le 17 septembre
1922, en même temps que la statue reconstituée
du monument à Jean-Baptiste-André Godin sur
la place du Familistère.
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