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Jean-Baptiste-André Godin meurt au Familistère
de Guise le 15 janvier 1888, quelques jours après la
mort de son fils Emile (le 2 janvier). Ses funérailles
sont civiles. Elles se déroulent le 19 janvier suivant
en présence d’une foule nombreuse. Suivant sa
volonté, le fondateur du Familistère est inhumé
au point culminant du jardin d’agrément. Ce «
belvédère » offre une vue panoramique
de l’ensemble du site du Palais social. Le 29 avril
1888, l’Association coopérative du Capital et
du Travail décide à l’occasion d’une
assemblée générale extraordinaire d'ériger
un monument funéraire sur la tombe de Godin et une
statue sur la place du Familistère. Elle confie l’exécution
des deux monuments à l’architecte E. Leclerc,
aux sculpteurs Tony-Noël et Amédée Doublemard
et au fondeur Maurice de Nonvilliers. L’inauguration
a lieu le 2 juin 1889, le jour de la fête du travail
reportée à cette date pour l'occasion. Cette
volonté des successeurs de J.-B.-A. Godin de magnifier
la figure du fondateur du Familistère peut s’expliquer
par la nécessité pour l’Association coopérative
d’affirmer la continuité de l’entreprise
sociale et de revendiquer l’héritage spirituel
de l’auteur de Solutions Sociales. Pour plusieurs générations
de familistériens Jean-Baptiste-André Godin
sera « Monsieur Godin ».
La seconde épouse et collaboratrice de Godin, Marie
Moret, est inhumée en 1908 au pied du mausolée.
Un petit monument est alors érigé contre la
façade postérieure de l’édifice.
Le mausolée du jardin d’agrément est un
monument ambitieux. Il se compose d’un obélisque
en pierre bleue de Soignies (Belgique) d’une hauteur
de 8,80 m et de figures de bronze en ronde bosse grandeur
nature. Le programme iconographique est pédagogique.
Sur la base de l’obélisque est installé
un buste à l’effigie de Godin encadré
par deux imposantes figures allégoriques : le Travail
et la Famille, qui sont les pierres d’angle de la fondation
du Familistère. La Famille est représentée
par une mère tenant un nourrisson dans ses bras, un
berceau à ses côtés. Le Travail est une
allégorie réaliste. Les attributs de la figure
du métallurgiste - châssis et « louche
» de fonderie en plus de la pince et de l’enclume
– le désignent comme un mouleur de la manufacture
de Guise. Enfin, une figure laïque de la Résurrection
de l’âme, au-dessus du buste du défunt,
s’élève sur la façade principale
de l’édifice.
Sur les trois autres pans de l’obélisque sont
gravées des inscriptions qui reproduisent pour deux
d’entre elles des pensées ou exhortations de
Godin recueillies vraisemblablement par Marie Moret parmi
les papiers laissés par son époux : «
Le bien c’est ce qui est utile à la vie humaine.
Servir la vie humaine, c’est aimer et servir Dieu »
(sur la gauche) ; « Principaux écrits de J.B.A.
Godin : Solutions sociales, Mutualité sociale et Association
du Capital et du Travail, Le Gouvernement, La République
du Travail » (sur la droite) « Venez près
de cette tombe lorsque vous aurez besoin de vous rappeler
que j’ai fondé le Familistère pour l’association
fraternelle. Restez unis par amour de l’humanité.
Pardonnez les torts que les autres ont envers vous. La haine
est le fruit des mauvais cœurs. Ne la laissez pas pénétrer
parmi vous. Que mon souvenir soit pour vous un sujet de fraternelle
union. Rien n’est bon et méritoire sans l’amour
de l’humanité. La prospérité vous
suivra tant que l’accord règnera parmi vous.
Soyez juste envers tous, vous servirez d’exemple »
(sur la face postérieure).
Au revers du mausolée, le monument à Marie
Moret se compose d’un buste en bronze à l’effigie
de la défunte (Tony-Noël sculpteur) avec au-dessous
la dédicace gravée dans la pierre : «Marie
Adèle Moret épouse et fervente collaboratrice
de J. Bte. A. Godin, fondateur du Familistère. Née
le 27 avril 1840, décédée le 14 avril
1908».
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