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La construction primitive
Le premier immeuble d’habitation du Familistère
a été construit en 1859-1860, sur les terrains
situés en face de l’usine dans le faubourg au
nord de la ville de Guise. L’implantation de l’édifice,
tout près de l’Oise, suit un plan d’ensemble
du Palais arrêté vers 1858 vraisemblablement
par Jean-Baptiste-André Godin lui-même. Le pavillon
constitue l’aile gauche du Palais.
Le dispositif de l’habitation familistérienne
est maîtrisé dès le début des réalisations
:
- la construction entièrement en briques comprend
quatre niveaux plus un comble élevés sur un
niveau de cave à demi remblayé ;
- les appartements sont disposés autour d’une
vaste cour intérieure à charpente de bois et
couverture de verre ;
- les logements des étages sont desservis exclusivement
côté cour par des coursives suspendues dont la
structure est faite de l’extension des poutres des planchers
de chaque niveau ;
- les coursives sont accessibles par le moyen d’escaliers
tournants montant de fonds en comble, logés dans chaque
angle de l’édifice ;
- sur les paliers de chaque niveau d’habitation sont
regroupés les services communs d’eau potable,
de sanitaires et de vide-ordures ; les réseaux d’eau
courante, d’eaux usées et d’évacuation
des déchets ménagers sont regroupés dans
les cages d’escaliers ;
- l’architecture est modulaire : des murs de refend
de large épaisseur, qui intègrent les conduits
de fumée et de ventilation, divisent les quatre ailes
suivant une trame de 10 mètres de large ; le module
de base des logements est un deux-pièces traversant
(une pièce côté cour intérieure,
une pièce donnant sur l’extérieur).
Le premier pavillon d’habitation, qui abrite une centaine
d’appartements, est livré aux premiers locataires
en août 1860. Il est complètement occupé
au printemps 1861 par 350 habitants. Le coup d’essai
du Familistère est un succès. Le dur apprentissage
de la vie collective pour une population peu urbanisée
ne sera pas dans un premier temps un frein au développement
du Palais social.
La reconstruction après 1918
L’aile primitive du Palais social est incendiée
le premier jour de l’occupation allemande de Guise le
24 août 1914. La reconstruction de l’édifice
est conduite en 1923-1924. La nouvelle architecture est en
apparence très ostensiblement différente de
l’originale : des pavillons d’angle cantonnent
l’édifice au sud, les façades se hérissent
de balcons de pierre, des tuiles vernissées polychromes
couvrent la toiture, la charpente et les coursives de la cour
intérieure sont métalliques, le sol de la cour
est orné d’une mosaïque. L’aile reconstruite
est cependant fidèle dans ses principes au modèle
familistérien : cour intérieure couverte, appartements
traversants, escaliers d’angle, coursives. La principale
innovation réside dans la concentration des services
de propreté (eau courante, sanitaires, vide-ordures)
dans l’angle nord-est du quadrilatère qui donne
lieu à la construction d’une tour somptuaire
à coupole.
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