Présentation
Le fondateur du Familistère n'est pas un industriel ou un bourgeois
philanthrope. Si Jean-Baptiste-André Godin
fonde le Familistère c'est parce qu'il est le fils d'un artisan
de village, serrurier lui-même, parce qu'il est un parfait autodidacte
qui se fait génial entrepreneur et qui se détermine de façon
originale socialiste et fouréiriste. Godin devient réformiste
et expérimentateur parce qu'il a une perception aigu des transformations
de la société de son temps, parce qu'il croit que l'action économique
et sociale peut en corriger les effets néfastes, parce qu'il
est convaincu qu'un progrés social peut accompagner le progrés
technique et scientifique, enfin parce qu'il concilie l'expérimentation
des moyens de créer les conditions du progrés avec la quête
de valeurs absolues - le Travail, la solidarité, l'équité, la
liberté, le devoir.
J.B.A. Godin est un véritable héros du XIXme siècle et sa biographie
éclaire l'histoire de la conception et de la réalisation du
Palais social.
La secrétaire de J.-B.-A. Godin s'enthousiasme pour le projet
du Familistère. J.-B.-A. Godin et sa collaboratrice se marient
en 1886. La discrète Marie Moret est une femme
émancipée, cultivée, engagée. Elle occupe une place importante
dans la conduite des affaires du Familistère, dont elle dirige
les services d'éducation. Elle tient sans aucun doute un rôle
déterminant dans l'intimité de l'appartement du Palais social
pour l'élaboration des décisions. Marie Moret devient administratrice-gérante
de la société du Familistère à la mort de son époux ; elle constitue
la mémoire du Familistère et en organise la promotion en France
et à l'étranger. |