L’usine

Jean-Baptiste André Godin crée un premier atelier de serrurerie en 1840 dans son village natal d’Esquéhéries, à 20 km au nord de Guise. S’il dépose alors un brevet pour la création de poêles en fonte de fer, la fabrication de ces premiers modèles est sous-traitée jusqu’en 1842, date à laquelle il installe une fonderie dans un hangar à Esquéhéries.

En 1846, Godin installe à Guise une manufacture encore modeste. Elle s’étend sur un quart d’hectare dans le faubourg de Landrecies au nord de la ville, à l’emplacement que l’entreprise Godin S.A. occupe encore aujourd’hui (rue Sadi-Carnot). Sur le plan industriel, ce site a probablement ses faveurs pour diverses raisons : la présence de l’Oise qui procure de l’eau courante et permet le rejet aisé des eaux produites par les machines à vapeur, des terrains vierges situés en zone non inondable ainsi qu’un potentiel de main d’œuvre plus important que dans un village.

Les premières constructions s’organisent autour d’une cour ouvrant sur la rue. Cependant, le développement de la production et la mécanisation de la fabrication entraînent d’importantes campagnes de constructions à l’est de la cour. Les usines occupent ainsi une superficie de 3 hectares dès 1861. Des ateliers spécifiques sont édifiés pour le moulage, l’émaillerie, l’ajustage et le montage, la menuiserie ou l’emballage. Les bâtiments et la cour d’entrée de l’usine se situent dès lors dans l’axe du pont construit sur l’Oise pour rejoindre le Familistère élevé sur l’autre rive.

Les ateliers sont de simples halles aux murs de brique, blanchis à la chaux à l’intérieur, avec charpente en bois et couverture à deux versants percés d’ouvertures. À mesure qu’augmente le nombre de machines à vapeur productrices d’énergie, le ciel au-dessus de l’usine se hérisse de hautes cheminées fumantes. À partir de 1900, une voie ferrée contourne les ateliers à l’est et au nord pour l’approvisionnement en matières premières et le transport des produits manufacturés jusqu’à la gare de Guise.

À la fin du XIXe siècle, l’usine de Guise emploie 1200 personnes. À la veille de la Première Guerre mondiale, elle fabrique 4000 modèles d’appareils, d’accessoires et d’ustensiles et expédie plus de 165.000 poêles et cuisinières par an.

 

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Panorama de l’usine Godin. Photographie anonyme, 1863. © Familistère de Guise