LES SUCCESSEURS DE GODIN

La mort du fondateur du Familistère en janvier 1888 est un choc pour les membres de l’Association coopérative du capital et du travail. Ils doivent, comme l’avait longtemps désiré Godin, assumer désormais par eux-mêmes la charge de l’administration du Familistère et de ses usines. Pour manifester leur volonté de poursuivre l’œuvre selon les idéaux du défunt, les associés vont décider d’ériger deux monuments à sa mémoire : un mausolée sur sa tombe dans le jardin d’agrément et un monument à son effigie sur la place du Palais social. Godin va être héroïsé. Les statuts de l’Association coopérative du capital et du travail prévoient que ses successeurs à la tête de la Société soient élus par l’assemblée générale des associés. Nouveau gage de continuité : sa veuve et collaboratrice Marie Moret est élue administrateur-gérant le 29 janvier 1888.

Cependant, l’esprit de réforme qui animait Godin va faire défaut à l’Association. Les administrateurs-gérants qui succèdent à Marie Moret vont s’attacher au développement industriel au détriment du dynamisme de l’Association. Ils ménagent l’élite du Familistère, les associés dont l’assemblée, conservatrice, a le pouvoir de les révoquer.  Le Familistère et ses usines fonctionnent sous régime coopératif jusque 1968, mais des oppositions de classes sociales créent de fortes tensions qui deviennent conflictuelles après la première guerre mondiale. 

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L’inauguration du monument de la place du Familistère · photographie anonyme, 2 juin 1889 (détail) · collection Familistère de Guise