Les économats

Socialiste, Jean-Baptiste André Godin entend supprimer les intermédiaires commerciaux en approvisionnant directement et au meilleur prix ses consommateurs. Hygiéniste, il souhaite proposer aux habitants du Palais une alimentation équilibrée et des produits de qualité.

Dans ses premiers projets, il prévoit deux « cours des bâtiments d’industries domestiques » en face des pavillons de logement. Le bâtiment devant l’aile gauche du Palais Social devait abriter une boucherie et une charcuterie, une cuisine alimentaire, un restaurant, des débits de boissons et des salles de jeu, des remises, une écurie, une étable, une porcherie et une basse-cour. En face de l’aile droite, dans un second bâtiment symétrique, jamais réalisé, on aurait trouvé une boulangerie, un café-casino, des ateliers divers.

Les premiers magasins ou économats (l’économe en assure la direction) sont édifiés en 1860 en même temps que le premier pavillon d’habitation. Les campagnes de travaux du Familistère associent en effet systématiquement la construction de services à celle de logements.
L’architecture des économats s’apparente à celle d’un atelier industriel. C’est une construction en briques sur un seul niveau dont les quatre ailes forment une cour intérieure ouverte. Ils abritent à l’origine : les salles d’asile et d’école, une cuisine alimentaire, une charcuterie, un restaurant (aile nord), un débit de boisson, une buanderie, un dortoir pour les ouvriers sans famille (ailes est et ouest), une porcherie, un clapier, une écurie, des remises et des magasins de combustible (aile sud).

Faute de clients, le restaurant est rapidement abandonné. Les écoles sont transférées dans un édifice spécifique. Un four de boulanger est construit dans l’aile nord et le dortoir est supprimé. Les économats abritent ainsi les « magasins de production » (boulangerie, charcuterie, fabrication de plats cuisinés) distincts des « magasins de consommation » (épicerie et mercerie) installés dans le pavillon central du Palais.
Jusque 1880, les bénéfices des magasins, où sont employées les femmes et jeunes filles du Familistère, reviennent « au patron ». Quand l’Association du Familistère est créée, les services de consommation sont organisés en coopérative. Les ventes dans les magasins coopératifs s’effectuent soit en payant comptant (en monnaie courante ou en bons de consommation) soit sur carnet après dépôt d’une somme à la caisse. Les bénéfices sont alors divisés entre les membres de l’Association du Familistère et l’ensemble des acheteurs sur carnet au prorata de leurs chiffres d’achat.
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Accueil des économats. Aile Ouest. Photographie Hugues Fontaine, 2009 © Familistère de Guise