Le théâtre

Le théâtre n’apparaît pas dans le projet primitif de Jean-Baptiste André Godin. Ce n’est qu’après l’achèvement du pavillon central du Palais Social en 1865, qu’il décide de construire en face de celui-ci, sur la rive sud de la place, un théâtre et des écoles. Cet ensemble sans équivalent dans le Phalanstère de Fourier, définit avec la nourricerie-pouponnat située au nord du pavillon central un axe privilégié de la composition du Familistère. Il est inauguré le 2 juin 1870, en même temps que les deux premiers bâtiments d’école qui le flanquent.

L’édifice comprend un espace d’accueil surmonté par un foyer ainsi qu’une salle de spectacle à l’italienne. Une élégante structure en fonte de fer soutient trois niveaux de balcons. La décoration originale de la salle est extrêmement sobre : les panneaux de bois des balcons sont nus, des bancs mobiles permettent de libérer le parterre dont le plancher est en ciment. De façon originale, la salle bénéficie d’un éclairage diurne grâce aux châssis vitrés ménagés dans la toiture.

Après 1918, le théâtre subit diverses transformations. Un édicule est construit contre la façade arrière pour le rangement des décors. Les boiseries et le plafond reçoivent une décoration peinte. Le sol du parterre est couvert d’un plancher en bois. Des fauteuils dessinés par l’usine du Familistère en 1928 remplacent les bancs. La jauge de la salle qui pouvait accueillir un millier de spectateurs se trouve ainsi réduite à 450 places.

Le théâtre sert naturellement aux répétitions et aux représentations de la société musicale et de la troupe théâtrale du Familistère. Concerts, comédies ou drames y sont donnés pour distraire les habitants tout en participant à leur éducation. En plus d’être un lieu de divertissement, le théâtre constitue la salle d’enseignement supérieur du Familistère. Il forme avec les écoles un groupe destiné à l’éducation des habitants. Les adultes peuvent y assister aux conférences données par Godin pour expliquer les objectifs de l’expérimentation sociale. Les écoliers y accèdent directement par les portes ouvrant sur les préaux, à l’occasion des cours de déclamation ou des représentations qu’ils donnent sur scène. Temple de la société familistérienne, l’Association coopérative du Capital et du Travail y tient ses assemblées générales annuelles à partir de 1880.
Le théâtre est ainsi le lieu d’exercice de la démocratie sociale familistérienne.

 

 

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Vue de la scène du 1er balcon-théâtre – phot. Ludovic Lesur © Familistère de Guise 2011