Le pavillon central

Le développement industriel de la manufacture et le succès de la première unité d’habitation, l’aile gauche achevée en 1860, favorisent le lancement rapide d’une seconde campagne de travaux. Le pavillon central du Palais Social est édifié entre 1862 et 1864. Le bâtiment, dont les dispositions sont identiques à celles de l’aile gauche primitive, est le plus vaste du Palais projeté en 1858. Il comprend près de 150 appartements et sa cour intérieure couvre une superficie de 900 m². Une horloge et un belvédère, souvenir de la tour d’ordre du Phalanstère, dominent la façade sur la place qui prend alors forme.

La cour du pavillon central remplit des fonctions sociales particulières. Une épicerie et une mercerie occupent le rez-de-chaussée de l’aile sud. Elles sont complémentaires des magasins logés dans les économats et permettent aux habitants de s’approvisionner sans quitter le Palais. Le service médical et la pharmacie mutualistes sont également installés au rez-de-chaussée.

Au matin, les enfants se rassemblent dans cette cour pour être conduits aux écoles du Familistère, situées de l’autre côté de la place. La cour est le théâtre principal des fêtes familistériennes, la Fête de l’Enfance qui a lieu en septembre à partir de 1863 et la Fête du Travail célébrée le premier dimanche de mai depuis 1867. A ces occasions, on y dresse estrades et banquets, on y organise bals, spectacles et remises de prix en présence d’une foule de spectateurs massés sur les « balcons ».

Si l’entrée nord de la cour ouvre désormais sur le parc, elle communique jusqu’en 1918 avec la nourricerie-pouponnat du Familistère. Cet accès est encadré par deux plaques de pierre noire enchâssées dans le mur de la cour et portant deux maximes gravées : « Dieu nous soit en aide. 1859 » et « Hommes soyez-nous favorables. 1859 ». Provenant de la cour de l’aile gauche du Palais, incendiée en 1914, elles furent installées à cet emplacement après 1918 pour commémorer la fondation du Familistère.

 

 

Voir les images Retour à la fiche
1/7

Cour du Pavillon central. Photographie G. Fessy © Familistère de Guise