Le jardin de la presqu’île

Ce vaste terrain de 10 hectares était au XIXe siècle un pré communal, le Pré du Moulin-neuf, une île dessinée par l’Oise. Dans les années 1970, une peupleraie a été plantée sur la prairie, entraînant l’appauvrissement de la faune et de la flore naturellement très riche dans ce milieu.

L’aménagement d’un jardin public à la place de l’ancienne peupleraie a fait l’objet en 2002 d’un concours en loges de 48 heures remporté par une jeune équipe de paysagistes, Base Paysage, associée à l’architecte Christophe Lab. Afin de créer une continuité avec le Palais Social et au-delà avec la ville, le bras mort de la rivière coulant au nord du Palais Social a été comblé. L’île du Moulin-neuf est devenue une presqu’île qui ouvre des perspectives sur l’environnement séduisant de la vallée de l’Oise.

Le jardin interprète le bocage de Thiérache : 450 parcelles géométriques sont délimitées par des haies arbustives composées d’essences locales. Ces éléments de paysage sont un équivalent des cellules d’habitation du Palais Social. Pour obtenir la plus grande diversité de paysage avec des moyens réduits, la végétation des parcelles applique le théorème selon lequel il suffit de quatre couleurs pour colorer une carte sans donner la même teinte à deux surfaces adjacentes. Pelouses, prairies, buissons et taillis constituent la palette du bocage familistérien dont les contrastes résultent des différentes fréquences de taille des végétaux. Quelques friches ou réserves végétales sont préservées.

Sur toute la périphérie du jardin, les berges de l’Oise ont été considérablement adoucies pour que le jardin et ses promeneurs soient au contact de l’eau. Le terrain est en partie inondable, mais des mouvements de terrain ménagent des zones sèches pour accentuer la diversité végétale. Un couloir de lagunage aux plantes aquatiques sillonne le jardin du sud au nord. Il achemine en l’épurant l’eau prélevée dans l’Oise jusqu’au bassin aménagé tout au fond. Plusieurs centaines de mètres de pontons de bois dessinent des lignes nettes dans le paysage et permettent la promenade à 40 ou 80 cm de hauteur pour enjamber les nappes d’eau en période d’inondation et dominer du regard l’ensemble du paysage. À l’entrée du jardin, une « cabane » métallique camouflée par du lierre et du chèvrefeuille fait office de buvette. Des nappes de pique-nique en béton couvertes d’une mosaïque de pâte de verre au dessin « Vichy » émaillent certaines pelouses du bocage et invitent encore au séjour.


L’unité de circulation entre les deux rives de l’Oise, entre le jardin d’agrément et le jardin de la presqu’île, est réalisée par le moyen d’une étonnante passerelle métallique à structure auto-tendue.

 

 

Voir les images Retour à la fiche
1/6

 Jardin de la Presqu’île vue de l’aile droite du Palais social. Phot. G. Fessy, 2010 © Familistère de Guise