LE FAMILISTÈRE APRÈS 1968

Dès la fin des années 1950, la mise en place du marché commun européen et la concurrence accrue mettent à mal les usines de la Société du Familistère. Entre 1951 et 1967, les effectifs de la société et le nombre d’appareils produits sont divisés plus que de moitié. Aux causes externes s’ajoutent des difficultés internes, symptomatiques d’une dérive de l’esprit coopératif : le critère du mérite dans le choix des associés a fait place à celui de l’hérédité, l’innovation s’est ralentie et les investissements sont devenus insuffisants.

Malgré la modernisation de l’usine entamée par l’administrateur-gérant Raymond Anstell et la tentative de trouver une société souhaitant fusionner ou acquérir le capital de la Société du Familistère, l’assemblée générale de l’Association coopérative du capital et du travail doit se rendre à l’évidence. Le 22 juin 1968, elle approuve la dissolution en société anonyme : Godin & Cie devient Godin SA et les titres d’épargne sont transformés en actions.
En 1970, le PDG de la société Le Creuset, fabricant de poteries culinaires en fonte à Fresnoy-le-Grand (Aisne) conduit un plan de sauvetage de l’entreprise et peut racheter les titres à 50% de leur valeur nominale : Le Creuset devient propriétaire de la Société du Familistère.

En 1988, le groupe Cheminées Philippe basé à Béthune (Pas-de-Calais) reprend Godin SA et entreprend le redressement de la marque. Vingt ans plus tard, l’entreprise a retrouvé une position de leader en France. Les appareils de chauffage et les cuisinières de très haute qualité produits par les 400 employés de l’usine de Guise sont exportés à travers le monde.

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L’usine Godin SA vue du Palais social · photographie Hugues Fontaine, 2002 (détail) · © Familistère de Guise