LE CHANTIER DES COLLECTIONS

La décision de créer un musée du Familistère implique que soient constituées des collections cohérentes avec le projet muséographique, que soient garanties leur conservation et leur gestion.

Le fonds de l’ancien musée créé par la Société du Familistère de Guise après la mort de Jean-Baptiste André Godin constitue le point de départ des collections du musée de site. Ce fonds devenu propriété de la Ville de Guise dans les années 1970 a été transféré dans les collections du musée du Familistère conformément à la loi sur les musées de France de janvier 2002. Il comprend notamment une remarquable et irremplaçable collection de photographies du Familistère de Guise et du Familistère de Bruxelles exécutées entre 1865 et 1960 (des tirages d’époque pour l’essentiel), une série intéressante de documents relatifs à l’Association coopérative du Capital et du Travail, ainsi qu’un nombre non négligeable d’objets de la vie quotidienne au Familistère.

La politique d’enrichissement des collections conduite depuis 2000 vise à compléter ces ensembles déjà solides, notamment grâce aux dons d’anciens Familistériens, et à développer les collections d’histoire industrielle (production des manufactures du Familistère et de leurs concurrentes), d’histoire sociale (les expérimentations sociales aux XIXe et XXe siècles) et d’appareils domestiques. Un fonds significatif d’appareils, d’accessoires, de catalogues et d’affiches de fabricants français ou européens d’appareils domestiques de chauffage ou de cuisson a ainsi pu être constitué ces dernières années avec l’aide de l’état, de la Région Picardie et du Département de l’Aisne. Ces collections doivent avoir valeur de référence sur le sujet et sont présentées dans les différentes parties du musée de site au fur et à mesure de leur ouverture au public. Elles matérialisent dans tous les parcours de visite le fondement industriel et économique de la tentative d’association intégrale du Familistère. Les collections sur les expérimentations sociales doivent alimenter la section « La fabrique des utopies » prévue dans le pavillon central du Palais Social. Les collections d’appareils domestiques doivent prendre place dans la section « Standards de l’industrie domestique » qui évoque dans le même pavillon central la mécanisation d’inspiration fouriériste de l’univers domestique.

La politique d’acquisition saisit l’opportunité des travaux de restauration et d’aménagement des édifices du Familistère pour constituer une collection d’éléments architecturaux du Palais Social qui sera en partie exposée dans la section « La machine à habiter ensemble » du pavillon central.
Elle vise enfin une reconstitution de la bibliothèque de Godin et du Familistère dont ne subsistaient que des épaves. Le musée du Familistère a bénéficié de dépôts du Département de l’Aisne, d’une belle série d’objets personnels de Godin et de Marie Moret provenant des héritiers de cette dernière et d’un important ensemble d’imprimés fouriéristes.

 

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Exposition Les équivalents de la richesse, Pavillon central. Photographie Georges Fessy, 2010. © Familistère de Guise.