Le pavillon Cambrai

Bâtiment non visitable.

Le Palais imaginé en 1858 par Jean-Baptiste André Godin est achevé en 1878 avec la construction de l’aile droite. De nouvelles constructions vont cependant être réalisées rapidement après cette date. L’accroissement de la population, l’occupation de la totalité des 350 logements disponibles dans les trois ailes du Palais, l’importante modernisation de l’usine entre 1875 et 1880 et la fondation légale de l’Association coopérative du Capital et du Travail en août 1880 ouvrent la perspective d’un développement de la cité familistérienne au-delà de son périmètre initial.
En 1883, la Société du Familistère entreprend de réaliser un nouveau bâtiment d’habitation au lieu dit « Gisompré », acquis par Godin entre 1868 et 1878. La construction est élevée le long de la route de Cambrai, au sud-ouest du Palais Social, à l’extérieur de la presqu’île formée par l’Oise et le canal des usines sur laquelle avait été fondé le Familistère.
Le pavillon Cambrai comprend près de 150 appartements. Il reprend la plupart des dispositions des édifices du Palais : escaliers dans les angles, coursives, appartements traversants sur quatre niveaux. Il se distingue cependant par sa cour à ciel ouvert. La volonté d’adapter le dispositif constructif aux souhaits des habitants, l’excessive portée requise pour la charpente et l’existence de trois cours couvertes pour abriter les fonctions sociales familistériennes ont pu conduire à cette transformation du modèle architectural. Elle n’en constitue pas moins une entorse à l’esprit de l’habitation unitaire. Tandis que la cour couverte est un espace collectif à caractère domestique manifestant l’unité de l’habitation, la cour ouverte est simplement un espace commun qui fait du pavillon Cambrai un parent de l’immeuble « collectif » du XXe siècle.

Données plus modernes
Plus conforme aux modes d’habiter du XXe siècle, le pavillon Cambrai est le moins affecté des immeubles du Palais Social par la dissolution en 1968 de l’Association coopérative et la constitution de copropriétés privées. Exclu du classement du Palais Social au titre de la loi sur les Monuments Historiques en 1991, l’état sanitaire du pavillon Cambrai reste convenable grâce à des travaux d’entretien réguliers, facilités par des surfaces communes bâties réduites. La copropriété a pu y réaliser des équipements de confort, comme un ascenseur, qui ont permis de maintenir un taux d’occupation bien plus élevé que celui des autres bâtiments d’habitation du Familistère.
Voir les images Retour à la fiche
1/4

Le pavillon Cambrai et sa ceinture de potagers. Photographie anonyme, 1886. © Familistère de Guise