L’ASSOCIATION COOPÉRATIVE

Aboutissement de l’œuvre de Godin et garantie de sa pérennité, l’Association coopérative du capital et du travail fonctionne de 1880 à 1968.

Jean-Baptiste André Godin découvre les principes fouriéristes en 1842. L’idée d’association du capital et du travail va rester pour ce critique de Fourier la clé de la réforme sociale à mettre en œuvre. La législation sur la transmission héréditaire de la propriété empêche cependant longtemps la constitution d’une association de Godin avec les employés de la manufacture.

Le Familistère constitue pour Godin une étape préparatoire à l’association. « Malgré ces obstacles, j’ai pu élever le premier palais au travail,  le Palais social, et préparer les dispositions nécessaires à l’association intégrale parmi les hommes. J’ai pu rassembler les éléments qui doivent concourir à la répartition équitable des fruits de la production entre le travail, la capacité et le capital », écrit-il dans Solutions sociales en 1871.
En 1877, la fin du procès en séparation avec sa femme Esther Lemaire met Godin en mesure de donner cours à son projet alors même que la question de l’avenir du Familistère se pose de façon plus pressante. Le 13 août 1880, l’Association coopérative du capital et du travail, Société du Familistère Godin & Cie, est fondée légalement, aboutissement de l’œuvre de Godin et garantie de sa pérennité.

Les buts de l’Association, constituée pour 99 ans, sont économiques : l’organisation de la solidarité entre ses membres, l’appropriation du capital par les travailleurs. Ils sont plus généralement, et comme par voie de conséquence, culturels et politiques : offrir les conditions durables de l’émancipation des classes populaires et régler l’exercice de la démocratie sociale à l’échelle de la communauté familistérienne.

Les statuts rédigés par Godin fixent l’organisation et le fonctionnement de l’Association. Hiérarchisée, elle se compose de quatre catégories de membres qui se distinguent par leurs capacités, leur engagement et leur aptitude à la solidarité. Associés, sociétaires, participants et auxiliaires forment ces catégories sociales. À chacune d’elles correspond un niveau particulier d’intéressement aux bénéfices de l’Association, de protection de l’emploi et de jouissance des services de l’habitation familistérienne. L’Association est dirigée par un administrateur-gérant élu par l’assemblée générale des associés. Détenteur de la signature sociale de l’Association et unique responsable vis-à-vis des tiers, il est assisté par plusieurs conseils et comités au premier rang desquels se trouve le conseil de gérance.

 

 

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Une réunion de l’Association au théâtre du Familistère · photographie anonyme, 1902 (détail) · collection Familistère de Guise