ARCHITECTURE UNITAIRE

L’architecture unitaire prônée par Fourier comme moyen de la réforme sociale est réalisée avec une grande intelligence par Godin au Palais Social.

« Fourier croit que l’humanité est destinée à s’élever au bien-être général par le travail, par la science et par l’art ; mais il établit que l’association est la condition première de cette évolution sociale, et que la réforme architecturale de l’habitation est le premier effort qu’elle doit accomplir, suivant lui, pour inaugurer le milieu propre à la réalisation de ce bien-être. » (Jean-Baptiste André Godin, Solutions Sociales, 1871). Sur ce point, Godin suit la leçon de Fourier : l’architecture nouvelle de l’habitation collective est une condition de la réforme sociale. L’architecture sociale ou unitaire crée le milieu dans lequel se nouent les solidarités indispensables à la transformation de la société. C’est une architecture rationnelle dont Godin fait l’antithèse du village désordonné et insalubre. Elle offre la facilité des relations et la proximité des services, l’espace libre, l’eau et la lumière en abondance. Elle seule peut créer une situation matérielle d’existence satisfaisante pour tous, condition même de l’émancipation des classes populaires et d’un progrès social harmonieux. Elle procure les équivalents de la richesse à ceux qui en sont démunis dans le monde du libéralisme économique. L’architecture unitaire est la première des solutions sociales.

Le Familistère est l’habitation des temps modernes comme le chemin de fer est le transport des temps modernes. Avec des accents qu’on retrouve chez Le Corbusier un siècle plus tard, Godin est convaincu que l’aménagement rationnel de l’espace, au même titre que l’organisation économique, est doué d’une capacité de transformer la réalité sociale. Sa compréhension du problème est profonde. Le logement qu’on appellera social n’est certainement pas une solution architecturale : « Ce n’est donc pas le logement bon marché qu’il faut créer, car le logement bon marché est le plus onéreux pour l’homme ; ce qu’il faut édifier, c’est le logement de la véritable économie domestique, c’est l’atelier du bien-être et du bonheur humain », écrit-il encore dans Solutions sociales.

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Maquette du pavillon central · phot. Georges Fessy (détail) · © Département de  l’Aisne